Eva Joly a demandé le 18 avril un audit « indépendant » sur les installations nucléaires françaises, mais l’originalité du propos tient à ce qu’elle précise qu’il faut qu’il soit réalisé par un autre pays de l’UE et non par le seul gendarme nucléaire français. Les résultats de l’étude feraient alors forcément débat en Europe.
Mon intuition me dit qu’Eva Joly et Corinne Lepage devraient décidément se rencontrer plus souvent…Et que même si leurs sympathies réciproques n’étaient pas immédiates, leurs qualités cumulées gagneraient certainement en percussion, en persuasion comme dans l’élaboration et l’établissement d’un système écolo-juridique européen devenu plus que nécessaire.
Les Écolos, qui tiennent encore à s’appeler EELV, prône un moratoire sur l’EPR présenté comme si sûr, et une sortie du nucléaire en 25 années.
À Colmar (Haut-Rhin), des militants écolos ont entamé le 18 avril une grève de la fin tournante pour obtenir la fermeture définitive de Fessenheim, doyenne des centrales françaises, et demander une sortie du nucléaire encore plus rapide. D’ici à 10 ans.
L’autorité de sûreté nucléaire, qui effectuait ce même jour, sa visite décennale du réacteur n°2, décidait de la poursuite de l’activité, justement pour les 10 années à venir. Cherchons ensemble l’erreur !
Les élus strasbourgeois, droite et gauche confondues, avaient voté le 11 avril à l’unanimité moins une abstention en faveur de l’arrêt définitif de la centrale.
Le 18 avril, encore, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, déclarait : « Je vais annoncer un engagement supplémentaire de l’UE, d’environ 110M€, pour la construction d’un nouveau sarcophage du réacteur accidenté à la centrale de Tchernobyl ». Et oui. 25 ans plus tard, le réacteur fuit toujours et un territoire de la taille du Grand Duché du Luxembourg demeure impropre à toute vie.
À propos, combien coûterait notre électricité quotidienne si nous incluions le coût de démontage de nos centrales nucléaires ?
Et rappelons-nous surtout que les centrales cernant l’Ile-de-France, mais n’y étant pas précisément (Nogent/Seine est à 95km de Paris !), nous sommes toujours en attente d’un embryon de plan d’urgence nucléaire, et ni la capitale ni sa région ne sont soumises à aucun exercice d’alerte.
Mais fort heureusement, une brigade spécialisée de sapeurs-pompiers a été créée en septembre 2010. Beaucoup de démissions, parmi les 120 hommes de cette compagnie, pourtant des militaires, aux motifs que les moyens mis à disposition pour lutter contre les radiations par la hiérarchie sont ridicules, qu’il n’y a pas eu la formation promise, que l’entraînement adapté comprenait essentiellement du jogging et enfin qu’aucun habit anti-radiations n’avait jamais été livré...
En cas de péril extrême, ils recevront certainement le renfort du 2e régiment de dragons spécialisé dans la protection nucléaire, biologique, et chimique.
Ayons confiance, donc. Tout devrait bien se passer. À moins que nous ne décidions plus vite de sortir du nucléaire...
André Balbo
sources : Les Échos, Le Monde, Libération, Le Canard Enchaîné

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