Concernant l’affectation de cet imposant hôtel du XVIIIe siècle, place de la Concorde, une commission de 15 membres (dont notamment l’historien Pierre Nora, la présidente du Centre des monuments nationaux et le PDG de la Monnaie de Paris, Christophe Beaux) a été mise en place par le président Nicolas Sarkozy, il y a de cela 5 mois.
Sa mission sera de donner, avant le 14 juillet, ses recommandations sur l’avenir de ce prestigieux édifice. Cette commission, présidée par Valéry Giscard d’Estaing, auditionne les candidats à la reprise jusqu’au 12 juillet.
Le musée du Louvre figure maintenant parmi ces candidats, mais encore peu d’informations sur la nature de son projet ont encore filtré.
« Désormais, il serait envisagé de demander au Louvre d’ouvrir au public les étages nobles du site, avec la mise en valeur des salons. Les joyaux de la Couronne (actuellement déposés au Muséum à Paris) y seraient en bonne place », croit pouvoir révéler Le Parisien, qui ajoute que « Le reste des bâtiments, qui comptent au total 14 500 m2, serait occupé par des administrations qui louent actuellement des surfaces au prix fort dans la capitale ».
Il est apparu que le Mobilier national était un autre candidat public, qui envisagerait lui de remeubler, avec des pièces d’époque, les grands appartements du 1er étage, restés tels.
L’appel à projets, lancé en 2010 par l’Etat a été clôturé le 27 avril par le ministère du Budget.
La difficulté de l’équation telle que Valéry Giscard d’Estaing l’a lui-même posée est de parvenir à faire en sorte que « le bâtiment reste propriété de l’Etat, et l’Etat c’est le peuple », mais aussi que « cela ne coûte rien au contribuable ». Un des autres membres de la Commission, expliquait également : « Nous devons à la fois être réalistes sur la capacité des finances de l’Etat et prendre en compte le passé historique de ce lieu de mémoire ».
Le 22 juin, lors d’un débat sur le patrimoine organisé par l’Association des vieilles maisons françaises, l’ancien président de la République a évoqué, parmi les projets, « un caravansérail international. Dans 5 ans, c’est un émirat qui en sera propriétaire ».
Le premier projet de reprise à se faire connaître avait été celui de l’homme d’affaires Alexandre Allard, aidé par Renaud Donnedieu de Vabres, ex-ministre de la Culture. Dès le début de cette candidature, le projet avait été largement promu par ses concepteurs, qui organisaient même, le 28 juin, une réunion com avec la presse, au « petit » Maxim’s, rue Royale, c’est à dire à deux pas. Serait-ce en contre-feu contre le projet du Louvre ?
En tout cas le leur, baptisé « La Royale », viserait à ce que l’hôtel de la Marine soit dorénavant dédié au marché de l’art. Artisans, artistes, galeristes y côtoieraient des expositions, des ventes aux enchères, des salles de cinéma, de concerts, quelques rares appartements pour mécènes, des restaurants, des bars, etc.
La mise en scène en serait confiée à l’architecte Jean Nouvel, ce que contestent les défenseurs du patrimoine, fortement réticents, à une privatisation de l’édifice.
L’état-major de la Marine nationale devra définitivement libérer l’hôtel qu’il occupe en 2014.
André Balbo
sources : Le Monde, Le Parisien, France 2

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