Si Paul Cézanne (1839-1906) a longtemps vécu retiré près d’Aix-en-Provence, dont il était originaire, Paris restait le lieu de son éternelle confrontation avec l’art dit classique. À partir de 1865, il tentait chaque année de se faire accepter au Salon officiel des Beaux-Arts, qu’il provoquait aussi parfois volontairement, il faut bien le dire, par le choix des œuvres qu’il proposait, comme en 1870 avec son Portrait du peintre Achille Emperaire, son ami, ou sa Femme à la puce, allongée et nue.
Ainsi la capitale, où il se rendit plus de 20 fois, exerçait-elle sur lui ce mélange constant, binaire et irritant d’attraction et de répulsion, comparable un peu à ce lien ancien d’une amitié d’enfance qu’il entretenait avec Émile Zola, et qui finira bien mal...
De 1861 à 1905, il y effectua de très fréquents séjours qui lui permettaient de visiter le Louvre et de rencontrer aussi les peintres impressionnistes, ceux qu’il fréquenta et avec qui il débattait, les Pissarro, Guillaumin, Renoir, Monet.
Paul Cézanne, déjà âgé et encore incertain de l’importance ou de la qualité de son œuvre, se retira sur les bords de la Marne ou vers Fontainebleau. Il eut quelques amis en Ile-de-France, comme le fameux Docteur Gachet, à Auvers-sur-Oise, qui le soutenait.
L’exposition « Cézanne et Paris » nous éclaire sur les grands motifs qu’il explore lors de ces séjours à Paris et en Ile-de-France : ce qui attire son regard dans Paris, ses choix de paysages d’Ile-de-France, quelques rares nus, des natures mortes et des portraits.
Après 1890, critiques, marchands, et collectionneurs commencent à s’intéresser à son œuvre. Si Cézanne se montre attentif à cette reconnaissance, qui ne peut venir que de Paris, il restera ombrageux et voudra toujours privilégier sa tranquillité et sa quête artistique personnelle : faire une "peinture couillarde", bien éloignée de la peinture conventionnelle, peinture donc châtrée !
Paul Cézanne occupe une place bien particulière dans l’art moderne, et les grands, dont Picasso, qui l’appelait « notre père à tous », exprimèrent pour lui reconnaissance et respect.
Cette exposition au musée du Luxembourg est organisée en collaboration avec le Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Elle bénéficie de prêts exceptionnels du musée d’Orsay, et réunit également près de 80 œuvres majeures venues de musées et de collections particulières du monde entier.
Il nous arrive parfois de dire qu’une exposition est exceptionnelle. C’est réellement le cas de celle-ci, qui répond comme en écho parisien à l’impressionnante rétrospective qui s’est tenue à Aix-en-Provence, "Cézanne en Provence". Formidable, elle fit l’objet d’un sublime catalogue.
Cézanne et Paris. Musée du Luxembourg. Métro Saint-Sulpice ou Mabillon. Jusqu’au 26/02/2012. 12 ou 7,50€. Gratuit pour les moins de 13 ans, et bénéficiaires des minima sociaux (RSA, ASS, ASPA).
Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates. Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et vous remercions des suggestions et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.
André Balbo
sources : musée du Luxembourg, Petit Palais, Paul Cézanne
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