Trop de défections au MoDem tueront-elles le MoDem ? Elles se multiplient dans la France entière (Isère, Pyrénées-Orientales, Hérault, Finistère, Loiret, Meurthe-et-Moselle, et Ardèche), et en IdF comme ailleurs : dans les Hauts-de-Seine, à Paris, et dans le Val-d’Oise.
La constitution des listes, qui devaient être déposées en préfecture au plus tard lundi 15 février, a suscité dans ce parti un fort mécontentement. Les responsables des fédérations dénoncent un "semblant de démocratie interne", où les militants n’auraient été consultés que pour avaliser les candidats choisis par M. Bayrou.
A Paris, par exemple, le président du MoDem a personnellement décidé d’investir Alain Dolium, simple militant depuis 2 ans, mais qui représentait, selon lui, un symbole de la diversité. Une partie des militants parisiens estime que "sous couvert d’une volonté affichée de pratiquer le renouvellement, les listes sont une ineptie en termes d’efficacité et de potentiel électoral".
Vendredi, M. Bayrou tentait d’éteindre à Toulouse l’incendie provoqué dans le Languedoc par sa proposition de désigner Patrice Drevet, ex-présentateur météo de France 2 pour conduire les listes alors que les militants avaient choisis d’être représentés par Marc Dufour, président du MoDem de l’Hérault et adjoint au maire PS de Montpellier.
Peu avant, M. Bayrou avait dû se rendre en Rhône-Alpes où la candidature d’Azouz Begag divise. Il avait dû aussi aller en Poitou-Charentes où Ségolène Royal avait semé la pagaille en proposant localement au MoDem des places éligibles.
Élus et militants centristes ne se retrouvent plus dans la stratégie de M. Bayrou, qui n’a pas osé s’appuyer sur ses forces locales. Il a préféré jouer la notoriété en allant trouver des personnalités, comme le footballeur Marouane Chamakh, pour doper les listes en Aquitaine ou encore M. Begag en Rhône-Alpes.
Malgré des sondages catastrophiques qui ne créditent plus le parti que de 4 ou 5% des voix (dernier sondage CSA), M. Bayrou a choisi de présenter partout des listes sous ses propres couleurs, au nom de l’autonomie.
André Balbo
Source : Le Monde

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