Dans un communiqué publié ce lundi 16 avril, l’association du Comité d’aménagement du VIIe arrondissement a annoncé avoir fait appel de la décision de justice qui l’avait déboutée de sa demande de retrait du "Mur de la Paix" en février.
Inauguré en mars 2000 sur le Champs-de-Mars (VIIe), ce monument devait à l’origine être temporaire, mais a finalement été pérennisé au titre que la Mairie de Paris et le Ministère de la Culture « regardent (ce monument) comme une œuvre remarquable, à la portée symbolique forte et au service des valeurs essentielles de la démocratie ».
De son côté, le Comité affirme n’avoir fait que « demander que soient appliqués (...) les lois et règlements en vigueur pour tous sur le site classé du Champ de Mars » et que « cette démarche n’est pas davantage motivée par un jugement de valeur sur la portée symbolique et artistique de l’œuvre et encore moins par des considérations idéologiques ou personnelles ».
Parce qu’il dénature le paysage de carte postale du VIIe arrondissement de Paris, un monument pour la Paix doit-il être démonté ?
Le lendemain mardi 17 avril, Rachida Dati, maire du VIIe arrondissement, envoyait un courrier à destination de François Fillon demandant le retrait du Mur de la Paix. « J’ai l’honneur de solliciter votre intervention afin que les représentants de l’Etat mettent en œuvre tous les moyens (...) pour faire libérer la perspective historique du Champ de Mars », écrit notamment Mme Dati dans cette lettre.
Cette supplique adressée au Premier Ministre est plutôt croustillante en regard de l’inimitié affichée entre les deux candidats aux législatives de la 2e circonscription. Stratégie politique, hypocrisie ou réel dédoublement de la personnalité ? En tout cas, le Mur pour la Paix n’a pas fini de faire parler.
Le tribunal administratif de Paris avait annoncé lundi 13 février 2012, avoir rejeté la requête d’une association demandant le démontage du Mur pour la paix, érigé sur le Champ-de-Mars depuis 2000.
Rachida Dati, maire du 7e arrondissement, réclamait le transfert de ce mur, ailleurs dans la capitale.
Selon le tribunal, « à supposer même que le Mur pour la paix ait un impact sur la perspective entre la colline du Trocadéro et l’Ecole militaire et ait fait l’objet de dégradations, le maire de Paris n’a pas (...) commis d’erreur manifeste d’appréciation » en refusant d’ordonner aux propriétaires du monument de le « retirer ».
Toujours selon la justice, le monument est « une oeuvre remarquable, à la portée symbolique forte et au service des valeurs essentielles de la démocratie ».
Le Mur de la Paix devait avoir une durée de vie limitée : quelques mois, afin de marquer le passage au nouveau millénaire.
Érigé à Paris, sur le Champ de Mars, au pied de la Tour Eiffel, il a été inauguré le 30 mars 2000 par le Président de la République française, Jacques Chirac.
Devenu un monument-symbole, l’œuvre réalisée par Clara Halter et Jean-Michel Wilmotte est devenu au fil des années un lieu de rendez-vous pour les militants des droits de l’homme, tels SOS Racisme, Reporters sans frontières, Ni putes ni soumises, Le comité de soutien d’Ingrid Betancourt, le Collectif Darfour, Paroles de Femmes, ...
« Dix ans après la chute du Mur de Berlin où fleurissaient légitimement les messages de révolte, ce Mur de l’espoir se veut ouvert et lumineux, prêt à favoriser, valoriser et encourager, tous ceux, célèbres ou anonymes, pour qui la paix vaut tous les engagements ». Jean-Michel Wilmotte (2000)
Depuis son installation, le Mur a subi de nombreux dégâts et actes de vandalisme. Les réparations et l’entretien sont à la charge de l’association "Mur pour la paix", financée tant bien que mal par quelques mécènes et les époux Halter.
Entretien et protection par L’Etat et la Ville de Paris
- La Mairie de Paris a annoncé prendre le relais pour l’entretien du Mur.
- Nicolas Sarkozy a décidé de soutenir le couple Halter pour la protection du Mur avec « une recherche diligente des auteurs » de la dégradation, et une installation de vidéo-surveillance est aussi envisagée par la préfecture de police de Paris.
Le Mur pour la Paix est librement inspiré du Mur des Lamentations de Jérusalem.
Les visiteurs peuvent déposer sur place leurs messages de paix dans les interstices du Mur prévus à cet effet.
Le Mur pour la Paix comporte aussi trente moniteurs connectés au réseau Internet. Le public du monde entier peut adresser ses messages de paix qui apparaîtront sur les écrans.
En 2009, Le Mur de la Paix souffrait de ce « temporaire qui dure ».
Le Ministre de la Culture, Frédéric Mitterand avait appuyé la démarche de Rachida Dati, afin que ce Mur soit déplacé ou qu’il fasse l’objet d’un permis de construire. Lire la suite

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