Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports, a indiqué le 8 juin qu’il n’était pas hostile à cette expérimentation, précisant toutefois qu’il appartiendrait au Parlement de se prononcer. Une commission mixte paritaire tentera les 15 et 16 juin de parvenir à un accord sur ce sujet qui oppose sénateurs et députés.
Les premiers en approuvèrent en 2009 le principe d’expérimentation dans les villes de plus de 300 000 habitants, mais les seconds le rejetèrent en mai 2010 « au regard des risques d’inégalité sociale », estimant qu’un péage autour d’une ville équivaudrait à refouler les moins fortunés et à les cantonner en banlieue.
Pour le sénateur Louis Nègre (UMP) : « Le péage urbain peut prendre différentes formes (…) être localisé à certains secteurs de la ville », ou avoir des tarifs modulés selon les heures ».
Le péage urbain « est aussi une réponse à un problème de santé publique : on compte 30 000 morts prématurées à cause de la pollution atmosphérique ». Il permettrait également de dégager de nouvelles recettes qui financeraient des parkings en banlieue afin d’y parquer les véhicules.
Sans loi, aucun péage urbain ne peut être adopté en France aujourd’hui.
Si l’Association des maires de grandes villes de France voit dans le péage urbain « un outil permettant de changer les habitudes de déplacements », aucune agglomération ne serait prête à se lancer dans une expérimentation. L’opinion publique ne serait pas prête, juge-t-on.
Aujourd’hui, ni Toulouse, Bordeaux, Lyon, Rennes, Strasbourg ou Grenoble déclare avoir l’intention d’en instaurer un, pas plus que Marseille, qui doit pourtant boucler en 2016 son périphérique extérieur, n’envisage d’en taxer l’entrée.
« En Ile-de-France, la zone de l’hypercentre parisien - arrondissements centraux de Paris, ou ville à l’intérieur du périphérique - peut être considérée comme pertinente », peut-on lire dans une étude datée de 2006, mais la Mairie de Paris y demeurerait hostile par principe. « Il serait (tout de même) curieux de promouvoir l’ouverture de Paris sur l’extérieur, tout en instaurant une taxe pour y entrer », a récemment déclaré Anne Hidalgo, première adjointe au maire.
Enfin, la communauté urbaine de Nantes juge ce type de dispositif « socialement discriminant », et Gérard Collomb, le maire de Lyon, est aujourd’hui « plutôt réservé sur ce projet ».
André Balbo
Source : Le Figaro

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