
Construit de 1845 à 1847, le passage Jouffroy (un des derniers construits à Paris) est un des passages couverts les plus animés de Paris. Visite guidée.
Construit dans la continuité du célèbre passage des Panoramas (1799), il lui fait face, séparé par le boulevard Montmartre, dans un secteur des Grands Boulevards très en vogue à l’époque (le Théâtre des Variétés est tout proche). Il est l’oeuvre de l’architecte François Destailleurs.
Ce passage fut édifié sur les anciens jardins de l’hôtel d’Augny, appelé également hôtel Aguado, devenu la mairie du 9e arrondissement (une porte communique encore entre le passage et l’enclos de la mairie).
D’un point de vue constructif, c’est un des plus remarquables subsistants à Paris. En effet, grâce aux progrès techniques, le fer y est systématiquement employé (le bois n’y est plus qu’un élément décoratif) et sa verrière convexe est novatrice. On considère également que ce passage, avec la prédominance des surfaces vitrées au détriment des éléments décoratifs , annonce le mieux l’architecture des vitrines des grands magasins qui verront le jour dans la deuxième moitié du XIXe siècle (Bon Marché, Samaritaine, Printemps).
Le passage Jouffroy compta des établissements célèbres.
sur le boulevard Montmartre, on identifie très bien l’ancien hôtel de la Terrasse Jouffroy, situé au-dessus du passage, qui prendra en 1868 le nom
d’ hôtel Ronceray. Il fut construit à l’emplacement de l’ancienne ambassade de Turquie (détruite en 1836) où le célèbre compositeur Rossini , directeur du Théâtre-Italien, loua un appartement de 1824 à 1829.
un des premiers cafés chantants de Paris, l’Estaminet Lyrique y fut ouvert en 1848. On venait y écouter le chanteur Darcier interprétant les textes du poète-chansonnier Pierre Dupont.
trois restaurants y furent très courus : le Dîner de Paris, le Dîner du Rocher et le Dîner Jouffroy.
au n°34, une façade insolite surmontée de bois d’élan abrite une des plus belles boutiques parisiennes : celle des frères Segas, spécialisés dans les cannes anciennes. Le décor de miroirs et de rideaux rouges rappelle le XIXe siècle.
du n°48 au n°62, l’ancienne librairie Paul Vulin étale sa longue devanture de livres d’arts neufs à prix d’occasion. c’est le lieu idéal pour la flânerie.
l’hôtel Chopin, surmonté d’une horloge monumentale due aux sculpteurs Liénard et Emile, a conservé un charme provincial.
Enfin, bien qu’il ait une sortie dans le passage Jouffroy, le musée Grévin (entrée au n°10 boulevard Montmartre) n’est pas son contemporain : il fut inauguré en janvier 1882, mais redonna au passage un regain d’intérêt à une époque où les passages couverts étaient déjà passés de mode.
Franck Beaumont
Source : Guide du Promeneur Paris 9e.

envoyer par mail
Imprimer la page