Publication hier d’un pastiche de Direct Matin, le gratuit de Bolloré. C’est donc dans Direct Malin que le syndicat dit vouloir défendre le grand quotidien du soir.
Bolloré et le Livre (CGT) sont engagés dans un bras de fer qui dure depuis un mois, depuis que Bolloré a décidé de quitter les rotatives du Monde pour une « imprimerie de labeur » (par opposition aux imprimeries de presse, où le syndicat est influent).
Le puissant syndicat y voit la volonté de l’homme d’affaires, proche de Nicolas Sarkozy, d’attenter au quotidien. « Bolloré voudrait affaiblir Le Monde en fragilisant ses moyens industriels qu’il ne s’y prendrait pas autrement » écrit le syndicat.
Interrogé par l’AFP, Bolloré fait dire que « la qualité d’impression du Monde Imprimerie n’était pas satisfaisante eu égard aux exigences des annonceurs, seule source de revenus des journaux gratuits. »
Depuis deux semaines, Bolloré a suspendu la parution de ses gratuits. Reprise depuis seulement 3 jours, la sortie de Direct Matin est perturbée par les opérations de blocage menées contre sa nouvelle imprimerie et notamment la destruction, dans la nuit de mardi à mercredi, de 150 000 exemplaires du journal.
Il a aussi été dit que pour un CA de 45M€, Bolloré aurait eu sur ses « gratuits » une perte de 35M€.
Par ailleurs l’industriel breton avait annoncé la parution d’un quotidien du soir payant, entrant donc frontalement en concurrence avec Le Monde. Il serait en préparation, avec notamment, selon certaines rumeurs, le site d’informations Slate.fr, auquel participe Jean-Marie Colombani, ancien dirigeant du groupe Le Monde.
André Balbo
Sources : Libération, l’AFP

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