Laurent Wauquiez, tout nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, vient de communiquer les trois premières universités françaises qui viennent d’accéder à ce statut leur permettant à terme une meilleure visibilité mondiale. Il s’agit de Bordeaux, de Strasbourg, et de « Paris Sciences et Lettres » (PSL), sélectionnés au titre des « initiatives d’excellence » (Idex) du grand emprunt.
Ces universités ont été sélectionnées par un jury international, notamment sur les critères « d’excellence de la formation et de la recherche », des partenariats mis en place avec le privé, et d’ « une gouvernance efficace ».
Pour ce qui concerne le pôle « Paris Sciences et Lettres », c’est le regroupement sous une même bannière d’institutions aussi prestigieuses que Paris Dauphine, Normale Sup, le Collège de France, l’école de Physique-chimie de Pierre-Gilles de Gennes, l’Institut Curie ou encore des écoles d’art et de création qui a emporté la décision.
En effet, dans l’enseignement et la recherche, comme dans le monde des affaires, la bataille étant mondiale, il serait devenu impératif de se regrouper afin de devenir plus compétitif et tenter d’attirer les meilleurs enseignants. C’est ce que le président de Paris-Dauphine Laurent Batsch expliquait sur Europe 1 : « Paris Sciences et Lettres sera capable avec les premiers fonds qui nous seront alloués de faire venir des grands professeurs, ça peut être des Français qui veulent revenir en France, mais aussi des professeurs étrangers qui trouveront chez nous un environnement de recherche attractif. (…) Mais il faut aussi offrir des conditions de rémunération qui ne sont pas au niveau de celles qu’offre le statut de la fonction publique aujourd’hui, parce que ce statut est décroché par rapport aux rémunérations des grandes universités ».
Le jury a aussi récompensé Strasbourg, devenue il y a deux ans une université unique, et qui travaille déjà avec des universités allemandes et suisses. Il a enfin, dans cette première sélection, retenu également Bordeaux, qui présente le grand avantage d’être très en phase avec le monde de l’entreprise.
Sept autres universités prestigieuses avaient été pré-sélectionnées en mars, mais Grenoble, Lyon, Toulouse et « Sorbonne Universités » n’ont pas encore été retenues à ce stade.
Ce qui pourrait surprendre dans le cas de « Sorbonne Universités », un pôle regroupant tout de même Paris-2 Assas, Paris-4 Sorbonne et Paris-6 Pierre-et-Marie-Curie (l’UPMC), alors que l’UPMC est la plus grande université scientifique du pays.
Une seconde sélection est prévue à l’automne. Cela devrait, en répartissant au final aux 5 à 10 « campus » sélectionnés quelque 7,7Mds€ issus du grand emprunt, permettre à ces pôles d’enseignement supérieur et de recherche d’accéder à une visibilité mondiale.
André Balbo
sources : ministre de l’Enseignement supérieur, Europe 1

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