La compagnie de cars Eurolines (Veolia), premier transporteur européen par car, dessert 70 villes françaises, sur un total de 230 trajets inter-régionaux. 150 d’entre eux sont déjà ouverts à la vente. 140 lignes desservent 600 destinations en Europe.
Les cars d’Eurolines viennent d’être autorisés à déposer ou à prendre des passagers aux différentes étapes de leurs voyages transnationaux à la condition que ces passagers ne dépassent pas la moitié des voyageurs du car.
La SNCF, dont les prix TGV sont élevés, risque de se faire rapidement tailler des croupières par cette nouvelle concurrence, qui aura, c’est certain, les faveurs d’une population moins fortunée, dont bien évidemment la clientèle des jeunes, grande consommatrice de voyages.
Par exemple, Le Monde cite le trajet Paris-Angers, de quelque 300km : en TGV 50,30€, en 1 heure 30 au minimum ; Eurolines le propose à 17€, en 4 heures 45.
Chacun dorénavant choisira pour son projet de voyage de privilégier vitesse ou économie. Il est vrai qu’un Paris-Rouen à 8€ peut faire réfléchir…
Un autre argument plaide en la faveur du car. Les prix restent stables quand ceux de la SNCF sont à l’affût, ce n’est pas un scoop, de nouvelles hausses…
Selon Dominique Vlasto, eurodéputée (UMP) membre de la commission transports : « Les cars viennent compléter le train. Ils desservent les petites gares délaissées par la SNCF ». Cette nouvelle offre de transport permettrait donc de désenclaver des régions ? Certainement en partie. Mais il sera aussi intéressant de surveiller les matches SNCF/Eurolines sur des destinations comme Lyon, Angers, Bordeaux ou Nice…
Cette autorisation accordée à la compagnie Eurolines paraît étrange au responsable « transport » de France nature environnement. D’autant qu’elle constituera une concurrence routière face aux trains Corail et Intercités, ’trains d’équilibre du territoire’, dans lesquels justement l’Etat... s’était engagé à investir.
Rappelons-nous aussi que, selon le ministère de l’Écologie, le transport routier serait responsable de 94% des émissions de gaz à effet de serre, contre 0,5% seulement pour le ferroviaire, et que le plan d’action transports de la Commission européenne prévoit de renforcer la compétitivité des chemins de fer. Discordance ?
Eurolines a réalisé une étude clientèle basée sur les voyageurs domiciliés en Ile-de-France ayant réservé sur Internet en 2010 :
46% sont des étudiants ou des jeunes trentenaires ;
21% des jeunes ou des familles vivant en banlieue ;
15% des clients de classe moyenne populaire ;
et 18%, de critères « autres ».
André Balbo
source : Eurolines, Le Monde, FNE

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