
A la tête de l’Etat français, Georges Pompidou souhaite dès 1969 doter la capitale d’un établissement contemporain où les arts plastiques voisineraient avec la musique, les livres, le design, l’architecture, le cinéma... Par ailleurs, il faut désengorger la Bibliothèque Nationale et concevoir une grande bibliothèque publique pour le public parisien.
Le plateau Beaubourg, juste à côté des Halles, est alors le seul emplacement vaquant au coeur de la capitale. Un concours est lancé et parmi les 681 projets présenté, celui de Richard Rogers (GB) et Renzo Piano (Italie) est retenu. le président Pompidou étant décédé entre temps, le centre Pompidou sera inauguré en 1977. A l’époque, le projet suscite la polémique tant il dérange par sa modernité : en effet, les architectes ont choisi de rejeter à l’extérieur tout ce qui d’habitude est caché au regard de l’usager. Ainsi, tuyaux, cages d’escaliers, escalators (l’escargot visible sur la façade principale), structure porteuse en métal (audacieusmeent placée à l’extérieur), etc... le bâtiments ne cache plus rien de ses fonctionnalités et, à l’inverse, les plateaux intérieurs (8 niveaux de 7.500 m2) sont entièrement modulables et libérés des contraintes techniques habituelles. C’est peut-être le dernier grand bâtiment de la Modernité architecturale.
Avec ses faux airs de "raffinerie de pétrole" posée en plein Paris, avec ses couleurs primaires (bleu, rouge, vert, jaune), le centre Pompidou déroute d’abord les parisiens par son audace architecturale. Pourtant, le public afflue et dépasse toutes les prévisions (5 fois plus de public que prévu). La grande BPI (Bibliothèque Publique d’Information) ne désemplit pas et dispose de collections considérables directement accessibles au public. On vient également admirer du dernier étage une vue imprenable sur la capitale... Le succès est au rendez-vous. Enfin, la piazza Beaubourg, vaste place en pente située devant le centre est vite appropriée par les touristes, les amuseurs, les portraitistes : une grande place publique animée et lieu de transition entre la ville et le bâtiment est née et fonctionne à merveille.
La faiblesse du bâtiment réside toutefois dans l’usure rapide de la structure, soumise à la corrosion du fait de sa situation à l’extérieur. Ainsi, le centre Pompidou a fait l’objet d’une rénovation complète de fin 1997 à 2000.
Preuve incontestable de son succès, le centre Pompidou est le 3e lieu le plus fréquenté à Paris après le Louvre et la tour Eiffel, avec 6,6 millions de visiteurs en 2006. Il accueille la première collection d’art contemporain en Europe, et la 2e au monde après celle du MOMA (New-York).

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