Le quotidien Le Parisien s’est fait l’écho le 1er octobre 2011 d’une directive européenne qui devrait être examinée en novembre au Parlement de Strasbourg. Directive dont l’objet porterait sur l’augmentation des taxes sur le litre du carburant diesel. Ce dernier étant considéré plus polluant que l’essence est paradoxalement moins taxé aujourd’hui.
De plus, un litre de gazole coûte plus cher à produire qu’un litre d’essence. La directive européenne viserait in fine à surtaxer le GO de 8 à 15% pour le rendre plus cher que l’essence avec une répercussion instantanée sur le pouvoir d’achat des Européens. Ce projet, dont l’effet pourrait intervenir dès 2013, n’est pas du goût du milieu de l’automobile qui a investi lourdement sur la production de petits véhicules diesels qui perdraient de fait de leur intérêt. 75% du parc de voitures issues de marques européennes est aujourd’hui motorisé en diesel. Déjà que la future norme EURO 6 sur la réduction des émissions de CO2 va renchérir nos voitures de 1500 à 2000 €, ce mauvais coup du sort casserait définitivement la rentabilité des petites voitures au diesel.
A moins que cette mesure ne soit en réalité un coup de pouce visant à réduire l’écart entre un véhicule à propulsion électrique (aux coûts de revient très élevés) et les motorisations actuelles. Auquel cas, la grogne des fabricants de voitures ne serait que de circonstance.
C’est peut être là la différence avec 2010 où le législateur avait tenté un coup de force qui s’était traduit par un repli devant les réactions des automobilistes, des professionnels de la route et des agriculteurs.
Pour la production française, l’enjeu est de risquer de perdre 20% de parts de marchés sur véhicules à faible marge contre un gain potentiel de conquête d’un marché nouveau (hybride et électrique) à forte marge.
Le consommateur, lui, n’aura pas d’autre choix que de payer toujours plus cher un produit automobile, maître mot du secteur depuis 50 ans.

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