A deux semaines de la présentation de sa réforme des retraites, le gouvernement montre sa détermination devant l’allongement de la durée du travail.
Le Premier ministre offre même une alternative aux français : baisser les pensions ou cotiser plus longtemps. Après avoir baissé de 65 ans à 63 ans en 1983, l’âge légal devrait remonter progressivement dans des proportions non encore arrêtées ( le buzz est lancé autour de 62, 63 ans, le Medef s’affiche à 65 ans, la CGPME à 63 ans, les syndicats font pression pour laisser les choses en l’état) . Dans la même perspective, devrait se définir également le seuil permettant d’appliquer une retraite à taux plein de la retraite de base. Seuil actuellement de 65 ans.
Autre paramètre en cours d’évolution, la durée de cotisation. Depuis la réforme Fillon de 2003, la perspective inscrite est de 41 ans en 2012. Le buzz a lancé une perspective de 42 ans et pourquoi pas 42 ans et un trimestre d’ici 2030.
Alors que le déficit de la retraite était évalué à 10 milliards en 2008, le COR (Conseil d’orientation des retraites) nous prédit 40 milliards d’euros de déficit en 2015, si la règlementation n’évolue pas. Une alerte qui permet quelques scénarios du futur : une hausse d’un trimestre par an de l’âge légal jusqu’à 63 ans, associée à celle de l’âge du taux plein à 68 ans, améliorerait les comptes de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) de 17 milliards d’euros en 2030 (50% du besoin de financement). Au terme de 2050, la CNAV n’améliorerait sa situation que de 18 milliards d’euros. Si l’on ajoutait un critère de hausse de la durée de la cotisation pour une retraite complète à 43,5 ans en 2050, le solde serait amélioré de 23 milliards en 2050 (36% du besoin de financement de la Cnav).
Ces projections ont amené le gouvernement à l’idée d’une contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital (hors bouclier fiscal).
Le ministre du Travail prévoit de révéler les axes de la réforme vers le 20 juin et de présenter un projet de loi mi-juillet au conseil des ministres pour un examen en septembre au Parlement.

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