Le projet « reconquête des voies sur berges » qu’avait présenté le maire de Paris Bertrand Delanoë vise à rendre aux piétons les quais de la Seine et à réduire la pollution au cœur de la ville.
Il vient d’être au mieux ralenti, ainsi que nous vous l’avions annoncé, et au pire ensablé par le préfet de police Michel Gaudin. En effet, le 6 juillet, le préfet a émis devant le Conseil de Paris quelques importantes réserves sur ce dossier.
Bien qu’il se soit dit conscient du « magnifique enjeu urbain » que représente le projet de « reconquête des voies sur berges », le préfet a commencé par rappeler que la circulation sur les voies sur berges relevait de sa seule compétence. Et il s’est déclaré inquiet notamment de la fermeture aux voitures des quais bas rive gauche.
Il craint que des bouchons ne se forment en amont du pont de la Concorde, sur la rue de Rivoli et sur le boulevard Saint-Germain, et redoute des complications pour les interventions des pompiers et des policiers. Il entrevoit également des conséquences sur la circulation des axes routiers de la capitale.
Alors que les services de la Ville annoncent une augmentation de 7 minutes sur les temps de parcours, le préfet de police Michel Gaudin juge que « ces conclusions théoriques méritent des tests de réalité », comme il en a été effectués l’an dernier sur l’autoroute A1 au sujet de la voie réservée aux taxis.
Bien évidemment, il fut bruyamment applaudi par les élus de droite siégeant au Conseil, ravis.
Bertrand Delanoë, masquant son impatience, lui a répondu : « Je serai particulièrement attentif à vos observations notamment sur les questions de secours et d’ordre public. Nous allons donc travailler ensemble, mais, une fois que nous aurons travaillé ensemble, c’est le Conseil de Paris qui décidera de l’avenir des voix sur berges », a-t-il rappelé.
Pour Anne Hidalgo, la première adjointe chargée de l’urbanisme : « L’expérimentation n’est pas acceptable. On se battra au nom de notre légitimité démocratique. La réduction de la place de la voiture, c’est important pour nous, le préfet ne peut pas empêcher un aménagement urbain. (…) Une expérimentation, ça veut dire qu’on bloque quelque temps la circulation : on a tous les inconvénients mais sans les usages nouveaux qui seront proposés en bord de Seine ».
La concertation, ou la confrontation des conceptions, sur le projet de « reconquête des voies sur berges » doit se poursuivre jusqu’à la fin de l’année. Sur quoi débouchera-t-elle ? Qui l’emportera ? Paris n’est décidément pas une ville facile.
André Balbo
Source : Le Parisien

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