Voilà un procès qui ne devrait faire aucun heureux. Le procès de l’incendie du boulevard Auriol s’est ouvert ce jeudi 15 septembre, soit six mois après que l’affaire ait été évacuée en deux demi-journées et le procès suspendu au Palais de Justice de Paris en mars dernier. Cette fois, six demi-journées d’audiences ont été prévues, réparties sur plusieurs semaines.
Devant le tribunal correctionnel de la capitale, il n’y aura aucun suspect à la barre des accusés, seulement des possibles responsables, deux personnes morales, soit la Freha (France Euro Habitat), responsable de l’immeuble où s’était déclaré l’incendie, et Paris Banlieue Construction, responsable des travaux d’aménagement.
Dans la nuit du 25 au 26 août 2005, un incendie se déclare dans la cage d’escalier d’un immeuble du boulevard Auriol à Paris. Sur les 130 personnes qui y vivent, provenant essentiellement du Mali et de Côte d’Ivoire, 17 sont tuées, dont 14 enfants. Dix jours seulement après un premier drame à l’hôtel Paris-Opéra qui avait fait plus de vingt victimes, l’affaire fait grand bruit.
Six ans plus tard, le procès se tient enfin. Mais les familles des victimes risquent fort de repartir déçues dans leur espoir de connaître toute la vérité sur cette affaire. Alors que des experts affirment que l’incendie a été causé sans doute volontairement, le seul accusé à la barre de ce procès seront les panneaux de contre-plaqué (bois) posés à la va-vite sur les murs de la cage d’escalier afin de masquer les peintures au plomb utilisées lors de la construction de l’immeuble, tout en faisant fi des règles élémentaires de sécurité.
Plus que l’entreprise de construction et celle responsable de l’immeuble, ce sont les pouvoirs publics qui sont pointés du doigt par les familles des victimes qui estiment qu’ils n’ont pas fait le nécessaire pour contrôler le niveau de sécurité de cet immeuble, même après un reportage édifiant de France 2 tourné peu avant les faits. Pour le moment, le contre-plaqué fera office d’accusé...

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