Le second salon Handicap et emploi de Magny le Hongre a tenu toutes ses promesses ce mardi 19 novembre.
En premier lieu, félicitations pour l’équipe organisatrice. L’association "De- Gré-Diversité" a fait preuve non seulement d’une empathie superbe mais aussi d’un grand professionnalisme sans angélisme pour regarder la vraie vérité en face.
Le premier constat vient du parrain de l’association Philippe Streiff : "Avez vous remarqué l’énergie développée par les handicapés pour faire savoir qu’ils ont envie de travailler pour leurs seules compétences ?"
A l’heure où les recruteurs cherchent à sonder la motivation des candidats face à un poste, cette remarque trouve toute son importance.
La relation entre Handicap et emploi trouve en 2010 un appui nouveau du législateur, sous la forme de pénalités financières significatives pour les entreprises qui n’engageraient pas de mesures en faveur du travail des handicapés, voire d’embauche d’un cota de personnes handicapées dans leurs équipes.
Le salon Handicap et emploi permet de révéler que le principal problème n’est pas là.
Le premier barrage à franchir est hyper simple à énoncer et tellement complexe à mettre en application :
LE HANDICAPE, PARLONS-EN
(Avez vous déjà remarqué comment dans une classe de maternelle, les enfants intègrent la différence d’un petit copain handicapé ? Pourquoi perdons nous cette spontanéité dans l’intégration ?)
Le premier pas n’est pas dans l’entreprise, c’est un acte citoyen, oser croiser le regard d’un handicapé dans la vie de tous les jours.
Oser l’aborder avec la plus grande simplicité, oser le premier pas, le premier mot et tout s’enchaine avec une grande évidence, pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ?
Parler de la relation handicap, emploi, c’est commencer par combattre quelques idées reçues :
Un salarié handicapé est un collaborateur qui présente toutes les compétences pour occuper sa fonction, au plus faut-il aménager son poste de travail, ce qui n’est vrai que dans un faible nombre de cas.
Quel recruteur pense à évaluer les qualités spécifiques développées par un handicapé ?
Et pourtant une étude révèle qu’ 1employeur sur 2 pense qu’un collaborateur handicapé est un moins productif qu’un valide.
Comme si tous les handicapés avaient un handicap profond, fortement invalidant, comme si tous les valides étaient des modèles de la productivité absolue.
Dans une procédure d’embauche, un handicapé qui révèle son handicape dès l’envoi de son CV à 15 fois moins de chances de provoquer un contact en retour, qu’un valide à compétences égales.
Ces aprioris factuels amènent nombre d’individus à ne jamais révéler leur handicap et à vivre des conditions de travail particulièrement pénibles.
Tous les handicaps sont loin d’être visibles.
L’intégration de l’ergonomie d’un poste de travail n’est pas un acquis social. A l’heure de la réforme des retraites, avec l’allongement du temps de travail, de la valorisation de la pénibilité du travail, le sujet remonte dans l’actualité, mais pour quelles transformations ? En parler est déjà un pas de franchi.
Personne n’est à labri du handicap. Seuls 10% des handicapés naissent avec leur handicape. De fait, 90% des handicaps arrivent avec les faits de vie, maladies, accidents ...
Promouvoir une politique d’embauche de handicapés, bien au delà de la volonté managériale n’est pas simple.
La démarche est simplifiée dans les grands comptes, les grosses structures qui peuvent consacrer des ressources significatives à la démarches. Ressources humaines et financières.
La réalité économique et sociale de l’entreprise prend souvent le dessus.
Dans notre département de Seine et Marne, 85% de l’emploi passe par les PME, TPE. Un environnement à la fois souple pour ouvrir le dialogue et faciliter l’insertion et l’adaptation, mais aussi des possibilités réduites de fait des tailles critiques. Comment une PME du transport qui travaille avec 3 chauffeurs livreurs peut maintenir l’emploi d’un collaborateur qui a le dos brisé par la manutention ? Comment échapper au licenciement ?
Pour aider cette démarche, des associations aident à l’outplacement de ce salarié. De Gré Diversité peut mettre les personnes intéressées par la démarche, en relation.
Pour aider à se réaliser pleinement dans l’entreprise, le salarié handicapé doit se trouver des alliés : collègues, hiérarchie bien-sur, mais aussi, médecine du travail, partenaires sociaux.
A ce titre, un besoin fait jour, au delà de la nécessité d’échanger, de parler, les interlocuteurs doivent être formés à la gestion de ce type de relations avec la handicape dans l’entreprise.
Pour illustrer la réalité de cette démarche et son efficience, le salon accueillait Yann TONDU représentant une association belge PASSE MURAILLE qui intervient en entreprise pour aider aux bonnes pratiques de la mise en place des relations handicape et emploi.
Si le handicap fait peur, c’est avant tout du bon sens qui va permettre de passer outre ce frein à la relation, à l’échange.
En synthèse, 4 axes caractérisent la relation du handicape et de l’emploi :
L’entreprise communique pour elle, pour défendre ses valeurs, sa création de valeurs.
Les individus doivent échanger entre eux.
Un salarié handicapé est-il nécessairement en situation de difficulté ?
L’entreprise doit valoriser sa communication sur le thème du handicap et de l’emploi.

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