Après Cerruti, après le chausseur de luxe pour femmes Clergerie, le chinois de Hong Kong, Fung Capital, pourrait bientôt reprendre Jean-Paul Gaultier, célèbre pour ses jupes masculines et pour avoir remis au goût du jour la marinière.
Les discussions se seraient accélérées, après qu’Hermès, confronté aux appétits du géant mondial du luxe LVMH, ait sérieusement confirmé le 1er avril avoir été approché pour céder les 45% détenus chez le couturier-parfumeur.
À cette heure, trois acquéreurs potentiels seraient encore en lice : le groupe catalan de cosmétiques et de parfums Puig, qui contrôle notamment Nina Ricci et Paco Rabanne, le 2e groupe mondial de luxe, le suisse Richemont, et le chinois Fung Capital. L’un des trois serait susceptible d’entrer dès les prochains jours en négociations exclusives avec les actionnaires de Jean-Paul Gaultier.
Concernant la vente du couturier, la valorisation ferait l’objet d’estimations très différentes, allant de quelques dizaines à plusieurs centaines de millions d’euros, selon Les Échos. Le créateur, avec l’aide de la banque d’affaires Aforge, possède les 55% restants. Il serait également disposé, tout en demeurant actionnaire et en conservant la direction artistique, à céder une partie de ses actions.
D’autres noms ont été évoqués : Prada, le groupe PPR, mais ils n’auraient fait que jeter un œil attentif mais très rapide au dossier.
Parmi certains des repreneurs, les intentions ne sont pas de même nature. Le groupe chinois souhaiterait que le sellier Hermès reste partie prenante au capital du couturier. Richemont serait en revanche davantage tenté d’en prendre pleinement la direction.
Le couturier recherche un actionnaire en capacité de financer son développement à l’international, et notamment en Asie. Tiens, tiens.
Les relations entre le couturier et son actionnaire Hermès se seraient dit-on un peu distendues, de manière très relative, depuis le décès de Jean-Louis Dumas en mai 2010. L’événement aurait marqué la fin de la collaboration artistique entre Hermès et Jean-Paul Gaultier, qui avait la charge du prêt-à-porter féminin du maroquinier depuis 7 ans.
Contrairement à d’autres grands noms de la mode, Jean-Paul Gaultier est peu présent en Asie : 5 à 6 magasins en Chine, aucun au Japon. La vente des parts d’Hermès permettrait ainsi à la maison de couture de lever de l’argent frais pour combler ce retard, l’Asie restant le nouvel eldorado de la mode.
Les ventes de JPG ont reculé de 19% en 2009 à 23M€, la maison tirant ses revenus de ses licences de prêt-à-porter féminin et de ses parfums développés avec le groupe Beauté Prestige International, filiale de Shiseido.
André Balbo
sources : Les Échos, Le Parisien

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