Dans son édition datée du 2 avril, le quotidien Le Monde tresse en ce Vendredi Saint une couronne d’épines au gouvernement concernant les résultats plus que médiocres obtenus par sa politique du tout-répressif.
Une citation de Nicolas Sarkozy du 28 mai 2009 est mise en exergue de l’analyse : « Aucune rue, aucune cave, aucune cage d’escalier ne doit être abandonnée aux voyous ».
Si les statistiques globales de la lutte contre l’insécurité continuent d’être présentées par le gouvernement de façon favorable, leur analyse détaillée, selon le quotidien, notamment en ce qui concerne les quartiers sensibles, livrerait un bilan nettement moins favorable.
En premier lieu, ceux-ci seraient toujours davantage touchés par les violences sur les personnes, partie de la délinquance la plus problématique.
Ensuite, et surtout, les pouvoirs publics butent toujours sur les trafics de stupéfiants, point noir de la criminalité dans les cités sensibles d’une part, mais également dans de nombreux quartiers de Paris, même centraux.
Or c’est notamment le trafic de cannabis, le plus courant, qui gangrène la vie de certains quartiers. Alors que les forces de l’ordre avaient réussi à en saisir en 2004 110 tonnes, 5 ans plus tard, alors que la consommation n’a vraiment pas faibli, les stocks saisis atteignent péniblement 60 tonnes.
Les méthodes des trafiquants auraient évolué : volumes transportés plus faibles, équipes réduites plus autonomes, guetteurs, vendeurs cagoulés et « nourrices ». Selon l’OND, les groupes seraient « de plus en plus structurés et professionnalisés ».
Dans un contexte de crise sociale (certains quartiers verraient plus de 40% des moins de 25 ans au chômage), chaque réseau démantelé serait immédiatement remplacé par un réseau concurrent.
De l’avis de nombreux élus, le cannabis représenterait une manne financière essentielle dans la survie économique des quartiers les plus fragiles pour « les petites mains », très nombreuses mais qui ne gagneraient que des sommes limitées. Dans « Freaks Economic » l’auteur précisait bien que si les dealers du coin vivaient encore chez leur mère, c’était bien qu’ils ne gagnaient pas suffisamment…
Enfin, concernant la question des « violences urbaines », le bilan ne serait pas plus favorable, le nombre d’incendies de véhicules étant resté globalement au même niveau qu’en 2005, l’année des émeutes, pourtant considérée comme exceptionnelle. Idem pour les affrontements avec la police : 2005 s’était caractérisée par une poussée de tensions inédite… qui ne seraient jamais redescendues, avec 12 000 atteintes physiques et verbales par an.
Peut-on avancer que la politique de ce gouvernement a manifestement exclu à tour de bras ces dernières années ?
André Balbo
Source : Le Monde

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