Sur les Champs, les loyers « boutiques » atteignent aujourd’hui de 6 000 à 12 000€ le m2 ! Exorbitant ! Cela établit la plus draconienne des sélections sur la nature des commerces : seuls le luxe, le prêt-à-porter et la voiture ont là-bas leur mot à dire, et les vaisseaux amiraux des grandes marques, les « flagships » forment maintenant le gros de la flotte des magasins.
C’est ridicule car le commerce a besoin de diversité. À terme, ce sera l’asphyxie !
Les 4 000m2 de Planet Hollywood deviendront le flagship national de Levi’s, Tommy Hilfiger occupera bientôt les locaux de Culture Bière, Banana Républic ouvrira près d’Adidas, Abercrombie & Fitch débarque, Uniqlo guette une occase, etc. Seules leurs marges permettent de payer de tels loyers.
Et l’attractivité des Champs dans tout ça ? Celle qui fait venir le Touriste ET le Parisien ?
Un rapport avait été commandé il y a 2 ans pour envisager les moyens de maintenir les équilibres entre prêt-à-porter, cinémas, boutiques de loisirs, mais les outils juridiques permettant à la Ville de s’opposer à l’installation de magasins sur des surfaces commerciales de plus de 1 000m2 ont disparu en janvier 2009. De profundis.
Même Lyne Cohen-Solal deviendrait fataliste sur la question. Le Comité des Champs essaie pourtant encore de tirer quelques pétards mouillés… pour la diversité : « Les marques de loisirs sont plus que les bienvenues chez nous. Nous les attendons. Et pour faire vivre les cinémas, nous envisageons de créer une semaine d’animation autour d’eux prochainement. » Mouais. On m’enlèvera quand même pas l’idée de la tête que pour la diversité des boutiques sur les Champs, ça sent vraiment le sapin !
André Balbo
Source : Le Parisien
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