Selon une étude d’OpinionWay réalisée pour Les Nouvelles parisiennes, 75% des salariés franciliens se disent favorables au télétravail, mais 56% d’entre eux pensent qu’il leur serait impossible de le pratiquer.
Le premier frein évoqué, pour 54%, est la nature même de leur métier, suivi des réticences du management (30%), puis de l’organisation de leur équipe (28%).
Si la majorité des télétravailleurs sondés se disent comblés, il semble bien que ce mode de travail ne convienne pas à l’ensemble des cadres. Et d’ailleurs les accords en vigueur comprennent des critères d’éligibilité restrictifs.
À Canal+, par exemple, l’accord signé ne concerne que les salariés ayant des contraintes d’objectifs (30 à 40% des cadres).
Seule une petite centaine de personnes de la division support aux clients est concernée chez Microsoft France.
Chez SGS France, qui compte 51% de télétravailleurs, analystes et certificateurs nomades, les cadres en labo et les administratifs sédentaires sont exclus de ce mode de travail.
Le temps passé à la tâche étant impossible à mesurer, le télétravail fait glisser l’entreprise vers un management par objectifs à l’anglo-saxonne, encore relativement peu courant dans les sociétés françaises, dans la mesure où le Code du travail précise que « le contrat salarial est un contrat basé sur le temps passé, ce qui n’existe pas dans un contrat de télétravail », selon Yves Lasfargue, auteur d’ouvrages sur ce mode.
Plusieurs études relèvent par ailleurs un phénomène nouveau d’ « autoexploitation » chez certains télétravailleurs, dont les horaires explosent sans rémunération supplémentaire. L’abolition des frontières entre les temps personnel et professionnel n’est bénéfique qu’à condition que le salarié ne se laisse pas envahir par sa tâche.
Et comme la grande conquête du salarié en la matière serait l’autonomie, le télétravail nécessite, en plus d’une révolution technologique déjà bien lancée, une profonde révolution culturelle de l’entreprise, mais également de l’individu.
André Balbo
sources : Les Échos, Les Nouvelles parisiennes, OpinionWay

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