C’est le 29 septembre à l’occasion d’une conférence de presse qui réunissait à Paris des médecins et des représentants d’associations que les Verts ont fait connaître plus précisément leur position et leurs demandes sur cette question, le Conseil de Paris devant débattre de ce sujet les 18 et 19 octobre.
Véronique Dubarry, adjointe au maire de Paris, a indiqué que les Verts parisiens souhaitaient, avant fin 2011, à Paris et en Seine-Saint-Denis, l’ouverture de salles expérimentales de consommation de drogue (injections supervisées), « sans trop compter sur un débat parlementaire ».
Sylvain Garrel, qui copréside les élus Verts au Conseil, s’est dit persuadé qu’un accord serait trouvé au sein de la majorité municipale, assurant que la position du maire PS Bertrand Delanoë était « beaucoup moins fermée » et que « le long travail de persuasion » effectué par les Verts semblait même commencer « à porter ses fruits au-delà de la gauche ».
Les Verts proposent l’ouverture d’au moins 3 salles sur les lieux de consommation de drogues en Région parisienne :
la première près des gares de l’Est et du Nord,
la deuxième à la jonction des XVIIIe et XIXe,
la troisième à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Véronique Dubarry insiste sur « l’urgence d’aller sur le terrain pour tenter de convaincre les riverains » et sur la « nécessité de discussions sereines avec la police et la justice ». Cette expérimentation passe par « une volonté politique du Conseil de Paris ».
L’association Élus, Santé publique & Territoires (ESPT), qui rassemble des élus de droite, de gauche et du centre, en charge de la santé dans quelque 60 villes, a demandé que l’État adopte auparavant les mesures juridiques permettant l’ouverture, « au moins à titre expérimental », de salles de consommation de drogue en France.
77 députés et sénateurs de droite ont signé une « Charte des élus contre les drogues ». Le débat, qui unit des fractions de deux camps, divise la droite.
Rappelons ici les propos du président d’ESPT, Laurent El Ghozi, qui voit même dans ces centres de shoot l’opportunité de faire sortir les toxicomanes de leur spirale infernale. « Il faut évidemment aider les toxicomanes. Les centres d’injection sont des outils, qui ont déjà fait, hors de France, la preuve de leur efficacité. (…) C’est également le moyen d’ouvrir une porte de sortie de la toxicomanie. C’est un long processus qui commence par un accompagnement de la prise de drogue puis, éventuellement, la prise de produits de substitution, qui peut mettre un terme à l’addiction ».
André Balbo
Sources : l’Humanité, Le Parisien

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