Depuis le 26 avril, les artisans bateliers bloquaient les canaux du Nord de la France, la Seine au niveau de Bercy et de Conflans-Sainte-Honorine.
À la suite de la tenue d’une longue réunion, obtenue à chaud sous le souffle du conflit, au ministère de l’Écologie, ils se seraient engagés à lever tous leurs barrages.
Dominique Bussereau, le secrétaire d’État aux Transports, s’est engagé à défendre un plan de modernisation de la profession. Il serait question par exemple de prévoir une exonération de la TIPP perçue sur les carburants des bateaux fluviaux, comme cela se fait d’ailleurs dans le reste de l’Europe, et la suppression des plus-values de cession de matériel réinvesties dans le transport fluvial. Le coût de la suppression de la TIPP pourrait représenter 3% du coût d’exploitation des transports fluviaux, soit environ 3,3M€.
D’autres mesures compléteraient le confortement du plan d’aide à la modernisation de Voies navigables de France.
Enfin des mesures pédagogiques devraient aider les artisans à mieux calculer leurs coûts et à ne pas accepter des prix de transport trop bas. Elles s’accompagnent d’un code de bonne conduite avec observatoire des coûts et des prix.
La colère des artisans bateliers était venue de la chute des prix du fret qui réduisait leurs revenus de quelque 30%. Ils demandaient donc que des tarifs minimaux soient fixés.
François Dalaise, président du Comité des Armateurs fluviaux (CAF) qui regroupe des compagnies de transport souvent liées à de grands groupes industriels, a souligné que le blocage des voies navigables mettaient en cause 15 années d’efforts de la profession pour gagner la confiance de ses clients après la fin du système de tarifs réglementés qui avait laminé la rentabilité de ce mode de transport. « La dérive des prix à la baisse observée en Europe a gagné la France et fragilise l’ensemble des entreprises fluviales à un moment où elles viennent de réaliser d’importants efforts d’investissement. »
André Balbo
Source : Les Échos

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