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Les bons résultats des entreprises au second trimestre 2010

Les entreprises européennes ont renoué avec de bons résultats au deuxième trimestre 2010, grâce en partie au dynamisme de leurs activités avec les pays émergents.

Les résultats des entreprises sont meilleurs que les prévisions, pour la première fois depuis la crise. C’est bien la croissance du chiffre d’affaires qui a construit ce résultat. Dix fois plus d’entreprises ont vu leurs ventes augmenter au second trimestre 200 par rapport aux trois premiers mois de l’année. Un constat qui permet de parler de reprise de l’économie.

Globalement, ces résultats sont en effet en forte progression et bien meilleurs que prévus. Or pour la première fois depuis le début de la crise, la hausse des bénéfices n’est pas le fait de restructurations ou de réductions de coûts, mais bien d’une hausse du chiffre d’affaires des entreprises. Pour preuve, au premier trimestre seules 3,2% des entreprises de l’Eurostoxx avaient vu leurs ventes augmenter, contre 36% au deuxième trimestre, même si seules un tiers de ces entreprises ont publié leurs résultats. Cela signifie donc que ces bons résultats sont enfin le signe d’une vraie reprise de l’économie.

Quels sont les secteurs qui ont le plus bénéficié de cette reprise ?

De manière générale, il s’agit des secteurs tournés vers les pays émergents. Ces derniers ont en effet bénéficié d’une croissance de la demande intérieure bien plus importante qu’envisagée. C’est le cas des industriels comme Schneider, Alstom, EADS, des biens d’investissements, du luxe, mais aussi des valeurs technologiques, qui ont affiché des résultats très positifs. Plus spécifiquement, les compagnies pétrolières ont largement profité de l’augmentation des prix du brut et d’une nette amélioration de leurs marges de raffinages. Ces dernières sont presque au niveau d’avant crise. Mais cela signifie aussi que désormais, pour augmenter leurs bénéfices, les groupes pétroliers ne pourront plus miser que sur les cours du pétrole. Il faut donc rester prudent pour leurs résultats à venir.

Et les plus grosses déceptions ?

L’acier en fait partie. Le secteur a affiché des résultats corrects, mais offre des prévisions plutôt alarmistes. Les grands aciéristes mondiaux prévoient en effet une hausse des prix du minerai, une pression sur les prix de ventes ou encore une baisse de la demande mondiale. C’est plus ou moins la même chose pour le secteur automobile. Les résultats sont bons, mais les prévisions guère enthousiasmantes. Ce secteur qui s’est bien restructuré risque de vivre un troisième trimestre plus difficile, en raison notamment de la fin des dispositifs exceptionnels des primes à la casse. Certes les marchés émergents ont participé aux bons résultats des constructeurs. Mais ces derniers ne pourront remplacer les marchés occidentaux en un claquement de doigts. Les marges y sont beaucoup plus faibles qu’ailleurs. L’agroalimentaire aussi a déçu les analystes. Le secteur, qui a très peu investi pendant le crise, notamment en gelant les budgets marketing et publicité, doit réinvestir pour gagner des parts de marché. Ceci risque d’être très difficile en raison d’une forte pression inflationniste. D’où des perspectives très mitigées.

Seules les banques américaines ont publié leurs résultats. Qu’en ressort-il pour les établissements financiers dans leur ensemble ?

C’est un peu difficile à dire car le secteur est en train de vivre une période trouble qui fausse un peu l’évolution des marchés. Les résultats des stress tests européens ou encore les nouvelles réglementations Bâle III ont conduit à d’importants mouvements boursiers ces dernières semaines. Mais si l’on souhaite tirer des enseignements des résultats des banques américaines, il apparaît que le risque du crédit est en train de reculer. Avec les bons résultats des entreprises justement, le risque de défaut ralentit et les banques limitent donc leurs provisions. Parallèlement, les encours de crédits, eux, n’augmentent pas suffisamment. Parce que les banques continuent de durcir leurs conditions de crédits, mais surtout parce que les entreprises et les ménages peinent toujours à recourir à l’emprunt.

Pourquoi ?

Pendant la crise, les entreprises ont coupé leurs investissements. Maintenant qu’elles font plus de chiffre d’affaires mais aussi plus de marges, elles ont beaucoup de liquidités, et ont donc moins besoin d’emprunter. Pour les ménages, il s’agit avant tout d’une question de perception. Les 2/3 des Américains par exemple pensent que leur pays est toujours en récession. Ce n’est pas très surprenant car les ménages mettent toujours plus de temps à constater la reprise. Et c’est aussi ce qui explique la dichotomie importante entre le bon moral des industriels, qui voient leurs carnets de commandes se remplir grâce à la croissance des émergents, et celui des ménages, qui se rendent compte que la demande intérieure ne progresse pas.

Quelles sont vos prévisions pour la fin 2010 ?

Début 2010, toutes les entreprises ont vu leurs résultats s’améliorer, quasiment sans exception. Mais dans la grande majorité des cas, il s’agissait encore des effets des restructurations passées. La reprise économique n’était pas encore bien visible. Au deuxième trimestre, on perçoit déjà que certains secteurs s’en sortiront mieux que d’autres, comme les industriels ou les technologies. Tandis que l’acier ou l’automobile risquent de ne pas se remettre de la crise avant 5 ou 6 ans. Néanmoins, ce qui est vraiment rassurant pour la suite c’est que le scénario d’une reprise en W semble désormais oublié. En effet, rares sont les entreprises qui évoquent une véritable rechute de l’activité. Et là encore, ce sont les pays émergents, surtout l’Asie et l’Amérique latine, qui permettent d’afficher cet optimisme.

derniere modification: vendredi 20 août 2010
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