Ce ne sera pas l’étonnement mais plutôt une confirmation pour les Parisiens sensibles au développement de la violence et de la délinquance à Paris même. En effet, les chiffres des 8 premiers mois de l’année, comparés à ceux de la même période en 2009, sont plus qu’éloquents : la délinquance globale a augmenté de +1,2% ! Et la situation est jugée suffisamment préoccupante, dit-on à la Préfecture de Police, pour qu’un plan de renfort soit activé dans une partie de la capitale !
Le pompon revient aux « vols violents sans arme à feu et atteintes aux personnes », qui s’envolent littéralement d’un étonnant +29% ! Sur ces premiers huit mois de l’année, il y eut 11 121 vols violents sans arme à feu, cambriolages et vols à la tire recensés, contre 8 619 la au cours de la période équivalente de 2009.
C’est la première fois depuis 8 ans que la situation se dégrade à ce point.
Augmentation également des violences aux personnes : +9%.
Et on constate encore une hausse des cambriolages et des vols à la tire.
Pour la Préfecture de police de Paris aussi ces chiffres et cette situation ne sont pas acceptables. Et le plan de renfort exceptionnel activé prévoit essentiellement quelques policiers en civil supplémentaires dans le VIIIe et dans l’Est parisien.
Paris ferait donc ainsi exception au tableau idyllique que dressait à la mi-août le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux ! Il se félicitait alors d’un recul des violences aux personnes en France durant les 6 premiers mois de l’année.
Certaines de ces statistiques intermédiaires ne sont pas aussi sombres : les vols à main armée ou la criminalité organisée seraient à la baisse dans la capitale.
Pour certains de nos élus parisiens non plus, ce rebond de la délinquance n’est pas une surprise. Georges Sarre (MRC), adjoint au maire de Paris chargé de la sécurité : « La montée des violences est malheureusement un phénomène dont nous connaissions la réalité à travers les remontées que nous avions sur le terrain. (…) Tous les témoins étaient au rouge (…) ». Et il a été rappelé que les chiffres de la délinquance ne parvenaient plus chaque mois aux maires d’arrondissement, « comme le veut l’usage », mais on comprendra aisément qu’ils auraient permis à la Ville d’ajuster ses moyens d’interventions et ses travailleurs sociaux par exemple….
Pour Patrice Ribeiro, le secrétaire général de Synergie (2e syndicat d’officiers de police), une telle situation s’explique par « l’absence de réponse pénale qui crée un véritable sentiment d’impunité ».
Pour le 2e syndicat de gardiens de la paix, Alliance : « Tant qu’il y aura des policiers assurant des missions autres que celles dont ce n’est pas le coeur de métier, ce problème ne sera pas résolu ».
André Balbo
Sources : Préfecture de police, Novopresse, La Tribune,

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