La rétro Monet au Grand Palais à Paris, qui s’achèvera lundi 24 janvier, s’achemine « vers une fréquentation record de 910 000 visiteurs », a claironné Jean-Paul Cluzel, son président, qui espère « taper » ce score de foire en fin de week-end.
Bourrant toujours davantage ce lieu, il espère au cours des 4 derniers jours, qui seront ouverts non-stop, 24h/24, enfourner encore quelque 40 000 personnes.
« Ce sera un record absolu pour une exposition de 4 mois » en France, dit-on à la RMN, co-organisatrice avec Orsay de cette expo lancée le 22 septembre. Et « du jamais vu à Paris depuis 1967, lorsque l’exposition Toutankhamon, qui avait duré six mois et demi au Petit-Palais, avait accueilli 1,2 million de visiteurs ».
Plus récemment, l’exposition « Picasso et les maîtres » (qui avait duré 12 jours de moins) avait attiré 783 000 visiteurs. Elle s’était elle aussi terminée par une opération d’ouverture non-stop de 4 jours, 24h/24. Des chiffres, des chiffres, des chiffres…
La rétrospective consacrée à Claude Monet a rassemblé 170 de ses toiles, une cinquantaine provenant d’Orsay, et le reste de musées étrangers ou de collections privées.
Évidemment, il ne sera pas trop demandé aux « usagers » de ce service public, s’ils ont pu apprécier la prestation vendue à la hauteur de son prix, de la qualité des œuvres exposées, de sa muséographie chronologique, ou s’ils sont simplement parvenus à en ressentir le fluide, l’effet, et ce grand art exigeant de l’instant capturé. Il n’aura échappé à aucun, j’espère, que Monet fut un travailleur acharné…
Beaucoup n’auront qu’été bousculés et roulés par la foule dans le premier tiers surchargé de l’exposition, n’auront recouvert une partie de leurs esprits que dans le deuxième tiers, puis enfin tiré tout le suc de la fin de cette exposition, somme toute franchement exceptionnelle par sa richesse, mais estompée en partie par un public en très large surnombre. Il est vrai que le summum du ridicule muséographique demeure encore la Joconde, au Louvre…
L’autre grand intérêt de la rétrospective Monet qui s’achève aura été de donner envie à suffisamment de visiteurs de se rendre à l’Orangerie contempler les Nymphéas, et au musée Marmottan, musée plus personnel, qui recèle de sensibles trésors picturaux plus intimes et affectifs de Claude Monet.
Et maintenant j’attends avec impatience la prochaine expo Manet, et j’espérerai encore longtemps une grande rétrospective de l’œuvre de Berthe Morisot. Mais cela demanderait une telle audace…
André Balbo
sources : Le Parisien, La RMN, Le Grand Palais

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