Et ce seront les seuls en France, ce qui n’est pas très juste, reconnaissons-le !
Dès le 26 avril et la rentrée des classes les lycéens d’Ile-de-France, et prioritairement ceux des classes de secondes, ont droit au pass santé contraception.
L’Ile-de-France réagit après la région Poitou-Charentes, où Ségolène Royal l’avait instauré dès juillet 2010, mais alors qu’il n’est pas appliqué dans les lycées chez Ségolène, qui fut pionnière, reconnaissons-le, il le sera dans notre région. Pour quelles raisons ? Ne cherchez pas trop la petite bête, je vous prie !
Seront concernés par cette nouvelle mesure les élèves de secondes :
des lycées publics,
des lycées privés sous contrat,
des centres de formations d’apprentis.
Cela représente au bas mot la bagatelle (sans intention calembourdienne) d’environ 160 000 jeunes franciliens, 77 000 filles et 82 000 garçons de 15 et 16 ans.
Pourquoi privilégier les classes de secondes ? Simplement parce que c’est le moment du premier rapport pour la majorité des jeunes filles, mais il est évident que « si une fille de 1re ou de terminale demande un pass (santé) contraception, on ne le lui refusera pas », dit-on à la Région.
Ce sera auprès de l’infirmière scolaire du lycée, ou du référent santé dans les centres de formations d’apprentis, qui détiennent déjà la pilule du lendemain, que l’élève ou l’apprenti qui le souhaite pourra faire la démarche de demander le pass.
Pour les prévenir, une campagne de communication sera lancée sur les réseaux sociaux et les radios préférées des ados.
En quoi consiste le pass santé contraception ? Il comporte 5 coupons permettant consultations, prise de sang, analyses médicales et obtention de contraceptifs.
Le dispositif est totalement anonyme et gratuit, et les parents n’en sauront rien. Rappelons que les jeunes sont en général inscrits sur la carte vitale des parents ce qui les contraints à « rendre compte » ou au moins leur parler de leur sexualité, ce qui ne les tente guère…
Après l’avortement libre et gratuit pour les mineures, puis la pilule du lendemain, voilà enfin la pilule normale.
Jean-Paul Huchon, le président (PS) de l’Ile-de-France, évalue le coût global pour la région entre 7 et 9M€, l’équivalent de sa participation à la gratuité des livres scolaires, et on peut remarquer, et peut-être déplorer, que la Sécurité sociale ne participe pas, aux dernières nouvelles, au remboursement des consultations des médecins. Xavier Bertrand se laissera-t-il bientôt convaincre ?
Notons, pour mieux comprendre l’intérêt et même la grande nécessité d’une telle mesure que, alors que la région Ile-de-France ne représente que 19% de la population française, elle concentre près de 25% du total des avortements, soit environ 57 000 (chiffre 2009).
Si dans la population générale le nombre d’IVG est à peu près stable, il continuerait d’augmenter chez les mineures, qui représenteraient déjà annuellement 15 000 cas…
Numéro vert pour le pass ?
0 800 777 895 de 9 à 12h30 tous les matins, et chaque lundi et vendredi de 13h30 à 17h30
Sur Internet ?
www.iledefrance.fr
Toutes les adresses du Planning familial :
www.planning-familial.org
Et nous rappelons que toute pharmacie a obligation de délivrer la pilule du lendemain à une jeune fille mineure qui en fait la demande, sans ordonnance et gratuitement. Contraceptif d’urgence à prendre dans les 72h qui suivent un rapport non protégé.
Alors pourrons-nous espérer bientôt qu’une telle mesure devienne nationale, puisque pendant près de 18 mois la région a travaillé assez étroitement avec le ministère de l’Éducation nationale sur le dossier ?
Et bien je crains que non ! Pour des raisons qui nous dépassent, et qui sont très franchement un peu ridicules à cette aune. La présidentielle ! Et oui ! Il paraîtrait qu’un "pass santé contraception national" heurterait un public traditionnaliste qui se précipiterait plus encore vers la candidate du FN.
Avoir des convictions, vous dis-je !
André Balbo
sources : France Inter, Le Parisien, www.iledefrance.fr, www.planning-familial.org

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