Une jardinerie de plus baissera bientôt les bras et son rideau quai de la Mégisserie dans le Ier. Et ce n’est pas la plus petite ! Le quartier s’en émeut. Delbard, enseigne mythique, serait sur le point de s’en aller. Mais qui sera donc son successeur ? Depuis plusieurs années maintenant, magasins de fleurs et plantes vivaces autant qu’animaleries semblent peu à peu abandonner les lieux et être remplacés par des magasins de décoration. Et la mue est loin d’être finie.
Est-ce la fin programmée du quai de la Mégisserie, l’historique temple des plantes vertes de tous formats et des bestioles de compagnie de toutes engeances à Paris ? Pour Jean-François Legaret, maire (UMP) du Ier, cette tendance s’explique par une dispersion de la clientèle. « Aujourd’hui, les quais ne sont plus le seul endroit où acheter de quoi fleurir les jardinières. Les fleuristes qui vendent des plantes sont de plus en plus nombreux et de grandes jardineries ont ouvert aux portes de la capitale », observe l’élu.
Erwann, de la boutique déco l’Atelier de Louise à l’angle du quai et de la rue Bertin-Poirée, lui, est ravi. Il a ouvert ici trois magasins en deux ans. « Il y a beaucoup de passage ici. Les promeneurs sont agréablement surpris de nous trouver et les habitants sont ravis », se réjouit-il. Erwann a ainsi grignoté deux jardineries, et un magasin de poissons rouges !
Les animaleries sont-elles aussi condamnées à quitter les quais ? « La clientèle continue d’affluer du monde entier ! » assure-t-on. Pourtant, en dehors du week-end quand les promeneurs flânent parmi les étals de fleurs et que les familles viennent regarder les mignons animaux en cage, les vendeurs des animaleries semblent souvent, les autres jours de la semaine, plus nombreux que les clients.
Une page va se tourner, et Bernard Arnault, première fortune de France et 12 ou 13e mondiale aura bientôt tout loisir d’aménager le plus librement du monde les environs immédiats de sa réserve à clients fortunés qu’il nous concocte en lieu et place de la Samaritaine.
« Ces dernières années, les affaires ont un peu stagné. Ce n’est pas très facile. Mais qui sait, l’arrivée de nouveaux magasins à la place de la Samaritaine apportera peut-être une nouvelle clientèle ? » espère une commerçante, qui n’a pas encore compris.
André Balbo
Source : Le Parisien
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