Paris, 11 marchés couverts municipaux, n’en comptera bientôt plus que 10 avec la fermeture programmée du marché Europe, rue Treilhard dans le VIIIe. Allons-nous ainsi les voir mourir un à un ! Ils furent plus de 30 ! Rien qu’en 2009, les deux marchés couverts du XIXe (Secrétan et Riquet) ont baissé leurs rideaux, projet de réhabilitation pour le premier, mais disparition définitive du second !
La mairie de Paris compte profiter aujourd’hui au Conseil de Paris du renouvellement de la délégation de service public des marchés, pour enrayer cette désastreuse tendance et pour réorganiser complètement la gestion de ces équipements.
6 des marchés couverts (Saint-Germain dans le VIe, Saint-Martin et Saint-Quentin dans le Xe, Passy dans le XVIe, Batignolles et Ternes dans le XVIIe), actuellement gérés par deux sociétés distinctes, seront désormais confiés à un délégataire unique. « Il aura de nouvelles missions plus contraignantes, en matière de diversification de l’offre commerciale ou d’investissement pour la promotion des marchés », précise-t-on à la mairie.
Ce « plan de relance » s’accompagnera d’une hausse des droits de place demandés aux commerçants, qui pourrait s’élever à 10% l’an, durant 5 ans.
« Bien sûr, il faut redynamiser nos marchés. Mais pas à n’importe quel prix », réagit Joël Melou, épicier au marché des Batignolles et délégué de l’UFM (Union fédérale des marchés), qui mobilise ses collègues pour amender le projet de la ville.
Des travées clairsemées, quelques étals inoccupés… le marché des Batignolles est de santé économique assez fragile. « Alors, quand on nous parle de réduire la durée de nos concessions (qui passerait de 9 ans à des durées fixées au cas par cas) ou d’augmenter nos loyers, forcément on se pose des questions sur notre avenir », s’inquiète Michel Beaudon, boucher au marché des Batignolles depuis… 1979.
« Ce plan, c’est la mort des marchés couverts de proximité », traduit Geoffroy Boulard, adjoint UMP à la mairie du XVIIe, dans une réaction en rien politicienne.
« Nous faisons en sorte que les marchés couverts continuent à vivre », rétorque Lyne Cohen-Solal, adjointe PS chargée du commerce, en rappelant la rénovation du marché de la Chapelle et le vaste projet de réhabilitation de la halle Secrétan.
« La ville investit énormément dans ses marchés couverts. Il est normal qu’elle adapte les loyers demandés aux commerçants », conclut l’élue.
André Balbo
Source : Le Parisien

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