Au cours du premier trimestre 2010, près de 4 000 étrangers résidant à Paris ont été naturalisés. Sur la même période, en 2009, ils ne furent qu’un peu plus de 2 000.
La Préfecture de police précise qu’à ce rythme « environ 16 000 ressortissants étrangers pourraient acquérir la nationalité française d’ici à la fin de l’année, soit une augmentation de 52% par rapport à 2009 ».
Pour Charlotte Revol, du bureau des naturalisations, la cause d’une telle explosion serait plus technique que politique : « Il y avait jusqu’à présent un double examen des dossiers, réalisé d’une part par le ministère de l’Immigration et de l’autre, par la Préfecture de police. Mais depuis le début d’année, nous sommes seuls à les instruire et le ministère vérifie par la suite l’avis que nous donnons. »
Ce nouveau mode de fonctionnement, testé actuellement dans 21 préfectures, sera étendu à l’ensemble du territoire au 1er juillet. Les délais de traitement sont ainsi réduits de 20 mois à moins de 6, explication somme toute mécanique à l’augmentation du nombre de naturalisations du 1er trimestre 2010…
L’autre changement d’importance est que les agents de la préfecture suivent désormais un dossier de l’examen des pièces à l’entretien avec le demandeur, ce qui n’était pas le cas lorsque le dossier passait de main en main.
« Le travail est plus intéressant et cela fonctionne mieux », conclut Charlotte Revol. Un nouveau système « gagnant-gagnant », qui profite donc aux fonctionnaires comme aux demandeurs.
Nous verrons bientôt si, pour de basses raisons politiciennes, un frein ne serait pas imaginé, qui signifierait, dans un complaisant effet d’annonce destiné à la droite de la droite, que le rythme des naturalisations se doit d’être jugulé.
André Balbo
Sources : Le Parisien, PPP

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