Les plus vieux cafés, restaurants, salons de thé et brasseries de Paris

par Jean, Pauline , 23 janvier 2015

Dans la capitale, plusieurs bars, brasseries, cafés, restaurants ou salons de thé sont des endroits mythiques, décors d’évènements historiques, qui ont vu défiler de nombreuses personnalités. Avec le temps, ces lieux de restauration sont aussi devenus des pôles touristiques, mais la plupart ont gardé leur charme ou leur beauté d’antan.

Beaucoup sont classés Monuments Historiques, certains sont plutôt chic, d’autre proposent une atmosphère de cantine élégante mais décontractée. Les voici, du plus vieux au plus jeune : on commence au 16ème siècle pour terminer dans les années 1930 !

La Tour d’argent (1582) : C’est un presque un mythe dans la capitale, auquel on se réfère souvent pour évoquer le restaurant chic par excellence. Situé dans le 5ème arrondissement, au bord de la Seine, il dispose notamment d’une prestigieuse cave. La salle à manger, à laquelle on accède par un ascenseur, offre une vue panoramique sur la Seine voisine et sur Notre Dame. Si le restaurant a perdu ses étoiles au guide Michelin, le lieu reste un incontournable, où sont venus de nombreuses personnalités, de France et du monde entier. 15 Quai de la Tournelle, 75005. De 12h30 à 14h et de 19h à 22h. Tlj sauf dimanche et lundi.

La Petite Chaise (1680) : La grille en fer construite sous le règne de Louis XIV encadre élégamment la porte, inscrite au titre des monuments historiques. Au fil des siècles, on y vit passer Brillat-Savarin, Vidocq, Sand, Musset ou encore Toulouse-Lautrec, dans une ambiance à la fois mondaine et détendue, qui faisait la part belle à la cuisine du terroir. On y mange encore des plats typiques de la gastronomie française, à la fois simples et gourmands. 36 Rue de Grenelle, 75007. Tlj, de 12h à 14h et de 19h à 23h.

Le Procope (1686) : C’est l’une des brasseries les plus célèbres de Paris, située dans le quartier Odéon. Dans un décor élégant et boisé, on y mange une cuisine française raffinée, agrémentée de quelques touches italiennes, rappelant que c’est un habitant de la botte qui fonda le lieu. Marat, Danton et Robespierre en firent un centre actif pendant la Révolution Française. Histoire, culture et gastronomie se mêlent donc dans ce lieu atypique, où l’on peut aussi choisir de seulement boire un café. 13 Rue de l’Ancienne Comédie, 75006. De 11h30 à 00h00, tlj.

Brasserie Au chien qui fume (1740) : Le lieu propose une décoration pour le moins personnelle, puisque de nombreux chiens de céramique ornent les salles à manger, accompagnés d’impressionnants bouquets de fleur. Cette atmosphère désuète que l’on peut trouver étouffante a toutefois son son charme, notamment parce qu’elle bénéficie de l’élégance du cadre original, qui multiplie les grands miroirs et les peintures aux murs. Dans l’assiette, on trouve une cuisine française à la tonalité plutôt chic. 33 Rue du Pont Neuf, 75001. De 10h à 00h00 tlj, sauf samedi, jusqu’à 1h.

Le Grand Vefour (1784) : Le lieu vaut d’abord pour son décor, inchangé depuis sa création, qui impressionne par ses plafond, miroirs et dorures. Le raffinement et l’élégance du cadre se retrouvent dans l’assiette. Guy Martin est le chef de ce restaurant gastronomique situé dans les Jardins du Palais Royal : il propose une cuisine qui mêle tradition et modernité, gastronomie française et exotisme. Parmi les personnalités qui aimaient y manger, on compte Jean Cocteau, Simone de Beauvoir ou Sacha Guitry. 17 Rue de Beaujolais, 75001. De 12h30 à 14h et de 20h à 22h. Fermé les samedi et dimanche.

Restaurant L’Escargot Montorgueil (1832) : Les plafonds peints, les boiseries et les lustres donnent à ce lieu une atmosphère élégante et feutrée, intimiste, qui plu aux artistes puisqu’on y vit défiler Sarah Bernhard, Sacha Guitry, et plus tard, Charlie Chaplin ! Dans les assiettes, comme le suggère l’élégant gastéropode qui trône sur l’enseigne et donne son nom à l’endroit, on y mange une cuisine française à tonalité bourguignonne, des escargots donc, mais pas uniquement ! 17 Rue de Beaujolais, 75001. De 12h à 14h et de 19h à 23h tlj, sauf samedi, de 19h à 23h30. Fermé le vendredi.

Restaurant Le Rocher de Cancale (1846) : Le restaurant se remarque par sa façade et le rocher sculpté qui lui sert d’enseigne. A l’intérieur, le décor original n’est visible que par bribes de fresques mais les poutres en bois et la clarté d’ensemble confèrent un charme certain au lieu, où l’on mange notamment des huîtres, des salades et des burgers, ainsi que, le soir, des plats de cuisine française à la fois simple et raffinée. 78 rue Montorgueil, 75002. Tlj, de 8h à 2h.

Closerie des Lilas (1847) : C’est l’un des restaurants de Paris les plus fréquenté par les artistes et les intellectuels depuis sa création, puisqu’on a pu y voir Verlaine, Apollinaire, Hemingway, Picasso, Sartre, et plus récemment le chanteur Renaud ou l’acteur Vincent Lindon. Situé entre Port Royal et Montparnasse, cette brasserie chic propose une terrasse arborée particulièrement agréable, dans une atmosphère à la fois joyeuse et feutrée. La spécialité de la maison ? Les huîtres, poissons et fruits de mer. 171 Boulevard du Montparnasse, 75006. De 12h à 14h et de 19h à 21h.

Restaurant Montparnasse 1900 (1858) : Le lieu vaut avant tout pour son magnifique décor Art Déco, qui mêle verrière, lampes, boiseries, peintures, et miroirs, dans une ambiance très lumineuse et chaleureuse de brasserie festive et chic. On y mange des plats de brasserie raffinés, de la cuisine française traditionnelle, pour des prix relativement élevés. Ce n’est pas la brasserie la plus fameuse du quartier qui en compte de nombreuses, mais le cadre, plus intimiste qu’à la Coupole par exemple, vaut tout de même le détour. 59 Boulevard du Montparnasse, 75006. Tlj, de 12h à 15 h et de 19 h à 00h00.

Salon de thé Ladurée (1862) : Ladurée est une institution nationale réputée dans le monde entier, pour ses macarons notamment. Le salon de thé-pâtisserie de cette maison est l’un des tout premiers de la capitale, dont le décor avec miroirs, boiseries, peintures et moquette au sol, s’avère à la fois simple et raffiné. Le bâtiment ouvert par Ladurée en 1862 était une boulangerie et devint le salon de thé décoré que nous connaissons seulement quelques années plus tard. Il faut souvent faire la queue pour avoir une place, et les prix sont élevés, mais c’est un lieu singulier, symbole de l’art de vivre à la française. 16, rue Royale, 75008. Du lundi au jeudi de 8h00 à 19h30, vendredi et samedi de 8h00 à 20h00, dimanches et jours fériés de 10h00 à 19h00.

Brasserie Bofinger (1864) : Ce fut la première brasserie à servir de la bière à la pompe à Paris, qui connut le succès notamment grâce aux Alsaciens de la capitale qui en firent leur repère. On y mange une grande variété de choucroute, mais aussi des plats de brasserie française traditionnelle. C’est un lieu au décor singulier, datant du début du 20ème siècle, avec coupole, belles lampes et même des urinoirs surmontés de dauphins ! 5-7 rue de la Bastille, 75004. Ouvert du lundi au jeudi de 12h à 15h et de 18h30 à 00h, vendredi jusqu’à 00h30, samedi de 12h à 15h30 et de 18h30 à 00h30, dimanche de 12h à 00h

Brasserie Gallopin (1876) : Cette brasserie ouverte à la fin du 19ème siècle est notamment fameuse pour son bar à l’américaine, l’un des premiers de la capitale à avoir lancé en France la mode des cocktails. Sa salle 1900 étonne par sa verrière et ses miroirs d’origine. On peut aussi manger en terrasse, même si le décor est alors moins beau qu’à l’intérieur. La carte est celle d’une brasserie raffinée, de cuisine française mêlée à des recettes italiennes ou américaines. Les prix sont plutôt élevés, mais le lieu est ouvert 7/7, de 7h à 4h. 40 Rue Notre-Dame des Victoires, 75002.

Brasserie Lipp (1880) : Cette brasserie à l’origine alsacienne est l’un des lieux mythiques du quartier Saint Germain, à plusieurs titres : elle accueille depuis son ouverture des personnalités de la vie artistique, culturelle ou politique du pays, parmi lesquelles Verlaine, Camus, Sartre, Mitterrand et de nombreux députés. Le bâtiment est classé Monument Historique pour sa façade en acajou verni, son décor 1900, ses céramiques murales de Léon Fargues et ses plafonds peints par Charly Garrey. 151 Boulevard Saint-Germain, 75006. Tous les jours de 9h à 1h.

Restaurant Drouant (1880) : Si son nom est moins fameux que celui des brasseries de Saint Germain, il joue pourtant un rôle essentiel dans le vie culturelle du pays, puisque c’est en son sein que se retrouvent chaque mois pour déjeuner les jurés des prix Goncourt et Renaudot, pour discuter de l’actualité littérarie. C’est naturellement dans ce même restaurant que les deux fameux prix qu’ils remettent sont choisis puis annoncés. Il propose une cuisine française traditionnelle, qui fait la part belle aux produits de saison et du marché. Ouvert tous les jours de 12h00 à 14h30 et de 19h à 22h00.

Les Deux Magots (1885) : C’est l’un des cafés mythiques du café Saint Germain, qui comme beaucoup dans le quartier accueillit de nombreuses personnalités de la vie culturelle et artistique du XXème siècle. Ses banquettes reçurent entre autres Picasso, Hemingway, Sarte, Simone de Beauvoir, mais aussi plus tôt Verlaine ou Mallarmé. Aujourd’hui encore, on y voit écrivains, cinéastes ou acteurs. Dans un souci de respect de la tradition, les serveurs sont en noir et blanc et livrent les commandes sur un plateau. On peut y boire un chocolat à l’ancienne, préparé à base de tablette, mais aussi... tel un poète maudit, de l’absinthe ! 6 Place Saint-Germain des Prés, 75006.Tous les jours de 7h30 à 1h.

Café de Flore (1887) : Il est parmi les grands cafés du quartier Saint Germain des Prés, peut-être le plus connu, qui accueillit de très nombreuses personnalités de la vie culturelle du pays, littéraire notamment et fut le décor d’évènements marquant de l’histoire artistique. Guillaume Apollinaire en avait fait une salle de rédaction, un véritable quartier général, dans lequel il recevait à heures fixes, et Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir en firent leur siège, ce qui fit écrire au premier : "nous étions au Flore chez nous". 172 bvd St Germain, 75006. Tlj de 7h à 2h.

Maxim’s (1893) : Ce restaurant dont la façade actuelle en bois fut terminée pour l’Exposition Universelle de 1900 est une véritable légende dans la capitale, et dans le monde entier, qui fit passer de nombreuses personnalités de la vie artistique, mais aussi de grandes fortunes et des têtes couronnées. Son décor Art Nouveau réalisé par des membres de l’école de Nancy abrite un restaurant de cuisine française dans une ambiance résolument chic et glamour, d’aucuns diraient bling-bling. C’est aussi un musée d’Art Nouveau, un lieu de spectacles et de soirées. 3 rue Royale, 75008. Ouvert de 19h à 23h, tous les jours sauf lundi et dimanche.

Bouillon Chartier (1896) : C’est l’un des lieux de restauration les plus singuliers de la capitale, qui plaît autant aux Parisiens qu’aux touristes. Dans un immense décor qui évoque une gare du début du 20ème siècle, les serveurs en noir et blanc s’animent dans tous les sens pour livrer des plats de cuisine française simple, "comme à la maison", mais toujours très réussis. Il faut souvent faire la queue, surtout le soir, et aimer les brouhahas façon cantine, mais ce lieu chaleureux vaut le détour, et les prix aussi, car ils sont étonnement bas ! On peut y manger des entrées et dessert pour un ou deux euros et des plats entre 10 et 15€. 7 Rue du Faubourg Montmartre, 75009. Tlj, de 11h30 à 22h.

Salon de thé Angelina (1903) : Grande rivale de Ladurée au rang des salons de thé parisiens, Angelina siège dans les arcades de la rue de Rivoli, et peut se vanter d’avoir accueilli depuis sa création Proust et Coco Chanel, entre de nombreux autres, car le lieu est très fréquenté. L’atmosphère se veut résolument raffinée. La spécialité de la maison est le chocolat chaud, que l’on boit dans la salle au décor Belle Époque, conçu par l’architecte Edouard-Jean Niermans, avec notamment une grande verrière. Les pâtisseries sont nombreuses et alléchantes, mais la star est ici le Mont Blanc, à base de crème de marron ! 226 Rue de Rivoli, 75001. Du lundi au vendredi, de 7h30 à 19h. Les samedi et dimanche, de 8h30 à 19h.

Harry’s Bar (1911) : C’est le bar des Américains à Paris, un lieu culte pour cette communauté et dans la capitale en général. Son décor en bois d’acajou était celui d’un bar de Manhattan, fabriqué en 1860, avant d’être déplacé dans la capitale française au début du 20ème siècle. On y vit passer de nombreuses personnalités américaines ou françaises, parmi lesquels Hemingway, Coco Chanel, Scott et Zelda Fitzgerald, Humphrey Bogart ou Jacques Prévert. La maison est spécialiste des cocktails, et la carte particulièrement fournie en la matière. On continue d’y fêter les évènements en lien avec la vie américaine, Thanksgiving, les élections, etc. 5 Rue Daunou, 75002. Tlj de 12h à 2h, sauf les vendredi et samedi, jusqu’à 3h.

La Coupole (1927) : Le restaurant est avant tout fameux pour sa salle, classée Monument Historique. Construite en 1927, elle est presque un temple de l’Art Déco, décoré à la peinture par pas moins de trente-deux artistes de Montparnasse, parmi lesquels Fernand Léger. La grande salle lumineuse et colorée surmontée d’une coupole a vu défiler de nombreux artistes, français ou étrangers, parmi lesquels man Ray, Picasso, Aragon, Joséphine Baker ou André Breton. On y mange une cuisine française traditionnelle et raffinée, de bons poissons et fruits de mer notamment, dans une ambiance plutôt festive. 102 Boulevard du Montparnasse, 75014. Ouvert 7 jours sur 7, service continu de 12h à minuit du dimanche au mercredi et jusqu’à 1h du jeudi au samedi.

Chez Jenny (1931) : Ouverte en 1931, cette brasserie alsacienne conserve son décor typique avec sol carrelé, banquettes rouges et boiseries authentiques aux murs, réalisées par l’artiste alsacien Spindler. Des panneaux peints sur les murs représentent des villages alsaciens, pour parfaire l’ambiance pittoresque et chaleureuse du lieu. On y mange bien sûr de la choucroute mais aussi de nombreux poissons et fruits de mer, à des prix de brasserie chic parisienne. 39 boulevard du Temple
75003. Tlj de 12h à 1h.

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Dernière modification : mardi 23 janvier 2015, par Jean, Pauline / photographe Evous / © Isabelle Dorpe, studio 1+1 pour la Coupole / Chez Jenny

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5 commentaires

  • Les plus vieux cafés, restaurants, salons de thé et brasseries de Paris
    18 juin 11:40, par Rodolphe

    Bonjour
    Proposez vous votre visite en anglais ?
    Merci de me répondre par mail ou tél
    rodolphe@mtlinfrance.com
    06 45 96 13 25

    Répondre

  • Les plus vieux cafés, restaurants, salons de thé et brasseries de Paris
    28 janvier 00:38, par Germain Bonneau

    Et le Polidor, alors ?!
    "...La place nous manque pour retracer l’histoire des restaurants parisiens mais nous devons au lecteur d’expliciter l’appellation de « Crèmerie-Restaurant » portée aujourd’hui encore par le Polidor. Cette appellation apparaît dans la seconde moitié du XIXe siècle. A l’origine, la restauration n’y est qu’occasionnelle. On y vend lait, oeufs, fromage et, bientôt, on les « sert » à une clientèle matinale et essentiellement féminine. A la fin du siècle, certaines « crèmeries » deviennent de véritables petits restaurants.
    C’est le cas du Polidor. Bléry, traiteur de son métier, occupe le fonds de 1845 à 1885. Mais c’est Froissard qui en fait un véritable petit restaurant en 1890, le passe à Chauvin en 1900, celui-ci à Bouy en 1906. Depuis toujours, la vie du Polidor s’est confondue avec la vie culturelle de Paris. La fin du XIX siècle y a vu un singulier défilé d’hommes, auxquels la mémoire des parisiens réserve des places de choix."

    Répondre

  • Les plus vieux cafés, restaurants, salons de thé et brasseries de Paris
    9 novembre 2014 22:32, par stephane

    La petit Bretagne est fondée en 1912 ce bistrot centenaire située rue du Cotentin propose une cuisine maison fraîche est bien généreuse a refaire rapidement entre amis

    Répondre

  • Les plus vieux cafés, restaurants, salons de thé et brasseries de Paris
    2 août 2014 23:57, par bastouche

    Il y as le restaurant "au petit riche" dans le 9ème. Fondé en 1854. Un oubli ?

    Répondre

    • Réponse : 9 novembre 2014 22:23, par stephane

      Il y’a aussi la petite Bretagne Paris 75015
      20,rue du Cotentin 1912

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