Le 30 juin dernier, la Brigade fluviale de Paris a fêté ses 110 ans. Elle est basée à l’intérieur de la barge du quai Saint-Bernard.
Dirigée par le commandant Michel Constant, elle est composée d’une centaine de fonctionnaires, dont 12 femmes. Elle recrute ses effectifs dans la police nationale, les candidats passant bien entendu des épreuves de natation, de plongée, de secourisme ou de connaissance sur la réglementation fluviale.
Les heureux sélectionnés seront alors affectés sur l’un des 14 bateaux de la brigade, cette flottille allant de la simple barque au puissant remorqueur Ile-de-France (22m), qui serait, dit-on, le plus imposant bâtiment de remorquage fluvial de France.
Les missions de la brigade sont très variées. Secouriste ? Ses hommes ont sorti de l’eau l’an dernier 107 personnes vivantes et 50 cadavres. La Brigade fait la police administrative pour la surveillance de la circulation, et participe également à certaines enquêtes judiciaires qui nécessitent ses compétences du milieu fluvial. Depuis le 1er juillet 2010, elle participe au programme national de prévention des cambriolages pour les résidents de péniches.
Chaque saison a ses caractéristiques, l’hiver étant la plus cruelle. Le métier devient très dur. Il y a des crues, et les plongées se font dans une eau avoisinant les 3 ou 4°.
L’été, en revanche, est relativement plus tranquille, la mission de la brigade consistant en grande partie à surveiller les quais.
Il faut savoir que la baignade dans la Seine est rigoureusement interdite pour des raisons de pollution. L’amende est de 38€. Et pourtant, si vous saviez… À la saison chaude, de trop nombreuses personnes se risquent à une baignade volontaire : par exemple à l’occasion de la Fête de la musique, ou des festivités du 14 Juillet. Le soir du feu d’artifice, la navigation est interdite. Mais les foules agglutinées au bord des quais -et parfois alcoolisées- représentent un risque accru de chute.
Les plongeurs de la brigade fluviale repêchent parfois objets ou faune qui témoignent soit d’un moment d’histoire, comme ces baïonnettes ou dagues datant de la guerre de 1870, soit encore de la diversité des espèces (python de 2m, ou anguille de taille exceptionnelle).
Le commandant Constant insiste sur la diversité des missions, très motivante aux yeux des postulants : « Nous sommes avant tout des policiers mais nous sommes également des plongeurs, des spécialistes de la réglementation fluviale, des remorqueurs et des secouristes ».
André Balbo
Source : Le Figaro

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