Pourtant une disposition, adoptée en février en commission contre l’avis du rapporteur UMP et du gouvernement, prévoyait la suppression de leur monopole de la desserte sur l’aéroport de Roissy. Mais ils le garderont bien, ainsi que l’Assemblée nationale vient d’en décider hier.
La plupart des députés, à gauche comme à droite, ont suivi l’avis du gouvernement, qui a donc tenu à défaire cette disposition introduite dans le texte du Grenelle 2. La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe auprès des taxis de banlieue.
Marc Ghis, de la FNTI IdF, syndicat des taxis indépendant, qui mène un combat contre ce monopole depuis plus de 4 ans, estime pour autant que rien n’est joué et annonce qu’il mettra tout en oeuvre pour faire tomber « cette exclusivité ».
« Bien joué pour les taxis parisiens qui gagnent une première manche, lâche t-il un brin caustique. Mais le jeu doit également se faire sur le plan judiciaire : nous avons saisi le tribunal administratif de Pontoise et nous attendons son jugement dans les semaines à venir... Et si ce n’est pas suffisant, nous irons jusque devant la cour européenne... »
Le ministre des Transports, Dominique Bussereau, avait indiqué que la fin du monopole concentrerait encore plus de taxis sur l’aéroport de Roissy où ils sont déjà « en surabondance » sans que la clientèle en tire avantage. Il a proposé la création d’un groupe de travail sur la question des taxis franciliens.
Annick Lepetit, pour le PS, a souligné que la suppression du monopole pénaliserait fortement les taxis, particulièrement les artisans qui ont souvent dû s’endetter afin d’acquérir leur licence.
Elle a aussi déclaré qu’il y avait « urgence à prendre des décisions sur la question des taxis franciliens, vu le nombre de taxis clandestins », mais que si une réflexion sur les taxis à l’échelle métropolitaine est nécessaire, elle devait avoir lieu dans le cadre d’une concertation.
André Balbo
Source : Le Parisien

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