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2016-2017. Musées et expositions à Lille et environs

7 décembre 2016 par André Balbo

Visitez les incroyables collections permanentes des grands lieux culturels de l’agglomération lilloise (Tri Postal, Palais des Beaux-Arts, le LaM, la Piscine, le MUba).

Lille, Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes...

Et n’oubliez pas que la Braderie de Lille, qui aurait du se tenir les 3 et 4 septembre 2016, a été annulée par la Mairie, les conditions de sécurité nécessaires ne pouvant de toute évidence être remplies sur une aussi grande superficie. Des commerçants ont lancé sur les réseaux sociaux plusieurs idées, qui rencontrent un certain engouement mais ne sont pas forcément du goût des autorités, comme celles d’un apéritif géant, ou d’un prélèvement caritatif sur chaque plat de moules-frites vendu au bénéfice de l’attentat de Nice.

De toute façon, un week-end lillois qui reste particulier.

Elle demeure la plus grande d’Europe, avec ses 10 000 exposants sur près de 100 kilomètres de trottoirs, recevant quand elle se tient en un seul week-end plus de 2,5 millions de visiteurs ! Attendons l’année prochaine...


Accès rapide par ville : Lille - Villeneuve d’Ascq - Roubaix - Tourcoing - Croix - Gravelines - Cassel - Valenciennes


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Lille

Lille a été Capitale européenne 2004 de la Culture. Est-ce pour le rappeler que Lille Métropole a lancé "La C’Art", cette carte géniale à 30€ (dont Paris et d’autres métropoles ont commencé à s’inspirer) qui permet un accès illimité aux collections permanentes... comme aux expositions temporaires dans 5 de ses musées ou établissements culturels : le Palais des Beaux-Arts de Lille, La Piscine de Roubaix, le MUba et le Fresnoy de Tourcoing, et le LaM de Villeneuve-d’Ascq.

Lille ne tiendra donc pas en septembre 2016 son énorme déballage de la "grande braderie", quand les millions de visiteurs, dont certains chinent même la nuit pendant un week-end de folie qui voit des coquilles de moules s’accumuler en de véritables montagnes aux portes des brasseries...

- En 2016, la Grande Braderie de Lille n’aura pas lieu ces 3 et 4 septembre. Sniff !

Mais par ailleurs l’agglomération de Lille a aussi ses lieux magiques, dont le Tri postal, le LaM, et La Piscine font notamment partie, et a bâti année après année une vie culturelle d’une grande densité...

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- Tri postal, avenue Willy Brandt, 59000 Lille, 03 20 14 47 60, www.lille.fr/cms/Culture/tri-postal, métro Gare Lille Flandres. Ouvert uniquement lors des expositions les mercredi, jeudi et dimanche de 10 à 19h, vendredi et samedi de 10 à 20h. Fermé les lundi et mardi.

+ Collections . Le Centre national des arts plastiques (Cnap) a pour mission de gérer la collection d’art contemporain de l’État, la plus grande collection constituée en France dans ce domaine, grâce à des achats, des dons et des commandes effectués depuis plus de deux siècles à des artistes vivants. Depuis 1981, près de 600 œuvres rejoignent chaque année cette collection (dénommée fonds national d’art contemporain), enrichissant un patrimoine exceptionnel de plus de 90 000 œuvres, dont plus des deux tiers datent des XXe et XXIe siècles (arts plastiques, photographie, vidéo, nouveaux médias, arts décoratifs et design.

La vocation du CNAP consiste aussi à diffuser l’art contemporain par une action soutenue de prêts pour des expositions temporaires et de dépôts aussi bien dans des musées que des institutions françaises et dans le monde entier. Près de 2 500 œuvres sont ainsi prêtées à l’année à près de 300 institutions partenaires.

- Gare Saint-Sauveur , bld Jean-Baptiste Lebas, 03 28 52 30 00. Métro Mairie de Lille ou Lille Grand Palais. Accès libre. Du mercredi au dimanche de 12à 19h. Fermé les lundi et mardi.
http://www.lille3000.eu/gare-saint-sauveur/printemps-2016/expositions

+ Du 3 juin au 6 novembre 2016. Foot Foraine : exposition, manèges, tournois, babyfoot...

Un événement culturel et sportif qui convie passionnés de football, néophytes et curieux pour vivre plus d’un mois de festivités en France. C’est une expérience unique qui aborde le ballon rond sous tous ses aspects, culturel, artistique et sportif : des expositions, des tournois conviviaux et décalés, des installations, une fête foraine, des animations et des événements pour s’amuser entre amis, mais aussi des films et des temps de discussion pour échanger autour du football.

À Saint Sauveur, FOOT FORAINE investit l’esplanade, la Halle B ainsi que la Friche Saint Sauveur, avec des propositions pour toute la famille autour du foot autour de l’art contemporain, du cinéma et de la photographie, mais aussi des loisirs et de la gastronomie. On y retrouve notamment : des manèges de collection, de drôles de terrains de foot, des tournois de babyfoots, des installations artistiques, des projections...

- Palais des Beaux-Arts, place de la République, 59000 Lille, 03 20 06 78 00, pba-lille.fr. Métro République. Le lundi de 14 à 18h, du mercredi au dimanche de 10 à 18h. Fermé le mardi, le 1er janvier, le 1er mai, le 14 juillet, le 1er week-end de septembre (braderie de Lille), le 1er novembre, et le 25 décembre. 7 ou 4€. (La nouvelle carte de 30€, "la C’Art", donne accès illimité annuel, et sans restriction).

+ Collections permanentes. Le Palais des Beaux-Arts de Lille, l’un des plus importants de France, expose 2 000 œuvres parmi son fonds considérable qui en compte près de 60 000. On y remarquera des chefs-d’œuvre absolus dont la Descente de croix de Rubens, la Médée furieuse d’Eugène Delacroix, Les Vieilles de Goya, ou Le Parlement de Londres, de Monet.

Ne ratez pas, s’ils ne sont pas en déplacement, L’Ascension des élus, de Dirk Bouts, la sculpture Le Festin d’Hérode, de Donatello, quelques Brueghel, les Greco, les Véronèse, dont Le Christ pleuré par la Vierge et deux anges, et les Jordaens, qui sont légions.

Le portrait de Berthe Morisot à l’éventail, de Manet est aussi à Lille, comme des Goya, Boudin, Géricaut, Millet, Moreau, Chavannes et Redon. Seurat, Renoir (Route de Versailles à Louveciennes), et même un Vaches, de van Gogh, et un Dans l’atelier. La Pose du modèle, de Toulouse-Lautrec.

+ Du 21 mai au 29 août 2016. Les Instagramers s’exposent

Cette exposition est le résultat d’une expérience inédite : un Instameet, événement collectif et participatif qui rassemble les instagramers dans des lieux offrant de nombreuses sources visuelles d’inspiration, a été réalisé sur toute une journée dans le musée, un jour de fermeture, avec 50 photographes amateurs.

C’était en février dernier, un mardi de fermeture. Plusieurs dizaines de photographes ont ainsi investi le musée, jusque tard dans la nuit. Dans ce contexte particulier, le lieu s’est laissé découvrir comme jamais, y compris dans ses recoins les plus inaccessibles. Résultat : près de 600 clichés partagés, à la fois surprenants, drôles ou poétiques pour un regard renouvelé sur le lieu et ses coulisses. Après sélection, voici la présentation des photos qui ont séduit le jury.

+ Du 14 octobre 2017 au 22 janvier 2018. Jean-François Millet

- Maison de la photographie. 28 rue Pierre-Legrand, 59000 Lille, 03 20 05 29 29, www.maisonphoto.com, métro station Fives. De 10 à 18h jeudi et vendredi, samedi et dimanche de 14 à 18h. 5 ou 3€ (Moins de 26 ans, plus de 60 ans, famille nombreuse, étudiant, enseignant, demandeur d’emploi, bénéficiaire du RSA, Maison des artistes, Groupes) et gratuit pour les moins de 8 ans (individuel), personne handicapée, accompagnateur de groupe, carte presse et lors du Vernissage de l’exposition.

+ Du 5 juin au 31 juillet 2016. 1% de privilégiés dans une époque d’inégalité globale

Certaines images soulignent des points de richesse dans le monde, comme l’enseignement, le loisir et les services médicaux. D’autres sont prises en dehors du monde narcissique du 1%. Quelques images contiennent des juxtapositions de classe, comme la photo de Guillaume Bonn montrant des employés de maison dans un ménage kényan riche. D’autres sont plus abstraites, comme la photo de Sasha Bezzubov d’un nuage de poussière d’or sur une route d’exploitation forestière au Gabon, qui évoque la nature éphémère de la richesse.

© Christopher Anderson / Magnum Photos

En mars 2015, le milliardaire investisseur de fonds propres Paul Tudor Jones II a publiquement déclaré que l’écart de fortune « ne peut pas durer et ne durera pas... Ça s’arrêtera. C’est le sens de l’histoire. Cela peut arriver généralement de trois manières : soit par la révolution, soit par des impôts plus élevés, soit par des guerres. » Myles Little, Responsable Photo Senior au Magazine TIME.

- La Sécu, 26 rue Bourjembois, 59000 Lille, 03 20 47 05 38. lasecu.org. Vendredi et samedi de 14 à 19h. Métro station Fives. Par la route direction Théâtre Massenet.

+ Du 17 septembre au 29 octobre 2016. Benjamin Défossez

Tentative, 2014, acrylique sur bois, 20 x 15cm

"Je peins, par couches successives, des instants qui se chevauchent, sans autre finalité que le désir de capter l’énergie et l’envie du moment. Si le tableau recèle du sens, c’est a posteriori qu’il doit se révéler, juste assez pour tisser un fil entre deux œuvres et trouver la raison suffisante pour commencer à nouveau." Benjamin Défossez, avril 2016.


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Villeneuve-d’Ascq

- Le LaM, 1 allée du Musée, 03 20 19 68 68, www.musee-lam.fr, du mardi au vendredi de 11 à 18h, samedi et dimanche de 10 à 18h, sauf les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre (fermetures exceptionnelles). Gratuit le 1er dimanche du mois. Pour se rendre au LaM :
- en transports en commun avec Transpole, métro ligne 1, station Pont de bois + Liane 4 arrêt L.A.M. ou métro ligne 2, station Fort de Mons + bus 59, arrêt L.A.M.
- par la route : à 20 mn de la gare Lille Flandres, autoroute Paris-Gand (A1/A22/N227), sortie 5 ou 6 Flers / Château / Musée d’art moderne

+ Collections permanentes  : 7 ou 5€, exposition temporaire + collections permanentes : 10 ou 7€. (Mais mise en place dans l’établissement de la nouvelle carte de 30€, "la C’Art", donnant accès illimité annuel, et sans restriction).

Modigliani. Maternité (1919)

Des œuvres majeures d’artistes majeurs : Picasso (3), Braque (5), Buffet (2), Derain (2), Klee (3), Kandinsky, Modigliani (5), Léger (9), Calder, Miro (3), et la plus grande collection d’art brut de France (donation de l’association Aracine)... et un parc peuplé de sculptures (Calder, Lipchitz, Picasso, et d’autres).

+ Du 25 juin 2016 au 8 janvier 2017. Dubuffet. Jean des villes, Jean des champs.

En partenariat avec la Fondation Dubuffet, le LaM présente un ensemble exceptionnel d’œuvres de Jean Dubuffet, esprit subversif, réputé iconoclaste, fondateur à Paris de "La Compagnie de l’art brut" en 1948, et auteur du traité "L’Art brut préféré aux arts culturels" en 1949.

Cet accrochage placé au cœur des trois collections du musée révèle l’attention de l’artiste pour "l’homme du commun" plongé au cœur du monde. En effet, dès 1943 et jusqu’au décès de Jean Dubuffet en 1985, cette relation entre l’être humain et le territoire naturel ou urbain ne va cesser d’être questionnée et réinterprétée tout au long de son parcours.

Au fil d’un choix jubilatoire de 13 peintures et d’une sculpture datées de 1949 à 1982, les "Jean des villes" et les "Jean des champs" se tiennent ainsi devant et dans le paysage comme ils se tiennent sur et dans la peinture, y compris au sens strict du terme tant la matière peut devenir épaisse et consistante comme la terre elle-même. Ils y ont la plupart du temps l’air curieux et ahuri des enfants. Et vagabondent le long des chemins tortueux et des traces déconcertantes des "Paysages grotesques", tels des explorateurs libres et sans attaches, puis se mêlent aux spectateurs émerveillés par le théâtre de "Paris Circus".

Né au Havre en 1901, mort à Paris en 1985, ancien marchand de vin, artiste inclassable, Jean Dubuffet est une figure unique dans le paysage de l’art moderne. Son refus de l’ordre établi (cette « asphyxiante culture » qu’il dénoncera tout au long de sa vie) lui a permis de construire une œuvre polymorphe et inclassable, pleine d’imagination, d’une intense créativité. Il a ainsi apporté un renouvellement significatif aux écritures artistiques de la seconde moitié du XXe siècle, dont les effets se prolongent encore en ce début du XXIe siècle.

Le LaM conserve dans sa collection une œuvre de l’artiste datée 1982, "Site aléatoire avec deux personnages", dépôt du Mnam-Centre Pompidou.

+ Du 25 juin au 25 septembre 2016. Jules Pascin ou le dessin incisif

Crédit photo : Jules Pascin, de la série "Le Fils Prodigue", après 1914. Collection particulière. © Photo : Luc Waeghemacker

La vie mouvementée de Jules Pascin (1885-1930) et sa fin tragique ont souvent occulté l’analyse plastique de son œuvre. Autour d’une sélection de dessins inédits provenant d’une collection particulière, le musée propose de redécouvrir la puissance du trait de cet artiste dont l’expérience fondatrice au sein de l’hebdomadaire satirique allemand Simplicissimus a marqué l’ensemble de la production dessinée.

Sur chacun des sujets explorés, Pascin exerce son œil critique sur la condition humaine et offre le rire comme antidote. Vis à vis de lui-même, Pascin prend de la distance et interroge sa place de créateur au sein de son monde, peuplé d’hommes libidineux, de jeunes femmes aguicheuses et lascives, de vieilles mères maquerelles, de bourgeois bon teint et d’arrivistes insolents.

La caricature qu’il manie pour la revue Simplicissimus est fondatrice de son trait enlevé où l’être humain se transforme facilement en bête monstrueuse. Dans ses dessins, Pascin dépasse la simple description pour se faire conteur. Son travail auprès de revues tout comme l’illustration d’ouvrages a probablement favorisé son goût pour la narration.

Des dessins préparatoires aux "Mémoires de M. de Schnabelewopski" d’Heinrich Heine publiées en 1910 sont présentés tout comme une série de dessins autour du Fils prodigue, thématique particulièrement chère à Pascin. La place des animaux comme doubles humains est également étudiée ainsi que la manière très étonnante dont Pascin met en scène la musique et donne une idée du rythme par son trait.

+ Du 1er octobre 2016 au 1er janvier 2017. Luc Tuymans. Prémonitions

Luc Tuymans (1958, Anvers), bien que l’un des artistes les plus influents de la scène contemporaine, n’a jamais eu d’exposition d’envergure dans un musée français jusqu’à présent. Celle de cet automne est donc à ce titre un événement.

À travers un choix exceptionnel de peintures, dessins, estampes et
photographies des années 1985 à 2015, présentés aux côtés d’un film
d’animation inédit, l’exposition "Luc Tuymans. Prémonitions" dévoile
l’étendue et la richesse du langage plastique de cet artiste. Elle révèle en
particulier son rapport à l’image à l’ère de la globalisation et de la
mondialisation, la finesse de son approche des événements de l’histoire,
ainsi que l’extrême sensibilité de son regard sur le monde.

L’art est en effet pour lui une façon de relier l’actualité à ses fondements
historiques et la mémoire du passé, au présent du monde. Son œuvre parle
ainsi des incertitudes de notre époque à travers une allégorie moderne du
doute contenu dans l’image peinte : « La peinture est porteuse d’une
inquiétude ; on sent qu’il se passe quelque chose, sans savoir précisément
quoi. »

Luc Tuymans, Technicolor, 2013. Courtesy David Zwirner Londres – New York. Photo : Studio Luc Tuymans. © Luc Tuymans, 2016.

La contribution de Luc Tuymans au renouveau de la peinture dans les années 1990 est unanimement reconnue ; pourtant, s’il expérimente la peinture et la gravure lors de ses études au Sint-Lukas Instituut de Bruxelles, à l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre puis à l’Académie des beaux-arts d’Anvers, il se passionne surtout pour l’immédiateté des techniques photographiques et cinématographiques. Entre 1980 et 1985, il
s’investit donc dans l’écriture scénaristique et tourne plusieurs
court-métrages.

Son intérêt pour la peinture refait surface au milieu des années 1980. Dès lors, Luc Tuymans ne cesse plus de peindre, s’appuyant sur un répertoire personnel d’images sources provenant le plus souvent de photographies personnelles ou de photographies d’actualité prélevées soit dans la presse, soit à la télévision ou sur le web, et re-photographiées au Polaroid ou au smartphone.

« Dès mes débuts, j’ai eu cette idée que je qualifierai de “falsification
authentique”, c’est-à-dire l’idée de faire non pas des choses nouvelles, mais de travailler des images qui existent déjà dans la mémoire collective et que chacun s’approprie. C’est ce qui rend la peinture contemporaine. En fait, la contemporanéité traite de la substance du document, en le revitalisant. »

La pratique picturale de Luc Tuymans s’apparente ainsi à une forme d’absorption des images que le réel, les médias ou notre civilisation produisent pour mieux les restituer au regard comme des archives ou des souvenirs devenus vagues et un peu flous, à l’instar de fantômes ou de spectres. Par cet aller-retour du conscient à l’inconscient, du connu à l’oublié, ses œuvres renvoient ainsi à l’intime le plus profond comme à la mémoire collective la plus générale. « C’est une façon de créer une distance intérieure vis-à-vis de l’image, avoue Luc Tuymans. Je ne crois pas que toutes les images soient vraies. Je m’en méfie, et des miennes aussi. On doit
toujours se méfier, se poser des questions. »

Entre sujet et objet, réel et représentation, il nous oblige donc à poser à chaque fois un regard différent sur l’image qu’il nous donne à voir, à suspendre nos jugements et nos émotions pour mieux reconsidérer notre mémoire, nos référents et notre faculté à percevoir et à comprendre le monde qui nous entoure.

Depuis les années 1990, le travail de l’estampe est devenu une composante essentielle de son œuvre. Luc Tuymans y expérimente autant les différentes techniques de reproduction (la démultiplication des pierres calcaires, une par couleur, pour la lithographie ; les pochoirs interposés entre l’encre et le support pour la sérigraphie ; l’aquatinte travaillée à l’acide ou l’encrage direct du support pour le monotype à tirage unique) que les supports (feuille
traditionnelle, papier peint, pvc…) ou les conditions de visibilité de l’image (taille, cadrage, matières, couleurs, teintes, transparence…).

À la suite de l’exposition que lui a consacrée le Centre de la gravure et de l’image imprimée de La Louvière, dans le cadre de Mons 2015 Capitale Européenne de la Culture, celle programmée par le LaM à l’automne 2016 partira de ce corpus d’images imprimées – près de 70 à ce jour – pour mieux révéler l’ampleur de ses expérimentations et les cheminements mentaux qui parcourent la réalisation d’une œuvre, de l’image source à ses différents possibles : dessin au crayon, aquarelle, estampe ou peinture…

Luc Tuymans, Teacups II, 2012. Courtesy David Zwirner Londres – New York. Photo : Studio Luc Tuymans. © Luc Tuymans, 2016.

Pour sa série Le Temple (1996), Luc Tuymans a ainsi travaillé à partir d’un
documentaire sur les Mormons et leur gigantesque banque de données personnelles. « J’ai réalisé une aquarelle d’images de caméra de surveillance, puis un Polaroid de cette aquarelle, puis une aquarelle de ce Polaroid, et ainsi de suite… Ensuite, j’ai demandé à mon imprimeur d’abolir le noir et de n’utiliser à la place que le brun de Van Dyck, ce qu’il n’avait jamais fait. »
Fantomatique, cette série d’estampes révèle de manière inégalée cette frontière entre la représentation du réel et sa dissolution dans l’image qui fonde l’œuvre de Luc Tuymans.

Commissariat : Marc Donnadieu, conservateur en charge de l’art moderne,
assisté de Marie-Amélie Senot, attachée de conservation pour l’art moderne et l’art contemporain au LaM.


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Roubaix

- La Piscine, musée d’art et d’industrie André Diligent, 23 rue de l’Espérance, 59100 Roubaix, 03 20 69 23 60, www.roubaix-lapiscine.com, hors période d’expositions temporaires 5,50 ou 4€, et en période d’expositions temporaires 9 ou 6€. (Mais mise en place imminente dans l’établissement de la nouvelle carte de 30€, "La C’Art", donnant accès illimité annuel, et sans restriction). Du mardi au jeudi de 11 à 18h, vendredi, de 11 à 20h, week-end de 13 à 18h. Fermée le lundi, et les 1er janvier, 1er mai, le jeudi de l’Ascension, 14 juillet, 15 août, 1er novembre et 25 décembre.

+ Collections permanentes. Installé dans une ancienne piscine art déco. Céramique, mode et textiles, mais quelques œuvres des XIXe et XXe siècles : Ingres, Fantin-Latour, Jean-Léon Jérôme, Steinlein, van Dongen, et de Lempicka, Vuillard, Foujita, Dalou, Barye, Rodin et Camille Claudel.

+ Du 17 mai au 11 septembre 2016. Pierre-Alexis Deschamps : Tingere. Pingere. Fingere. (Peindre. Teindre. Feindre.)

Dans le cadre de la commémoration de la Première Guerre mondiale, des plasticiens s’interrogent, dans des œuvres puissantes, sensibles et intelligentes, sur l’apparente inéluctabilité, la permanence et la barbarie des conflits modernes.

L’artiste Pierre-Alexis Deschamps, connu pour ses expositions et ses expériences textiles singulières, s’engage dans l’art du faux-semblant, dans un jeu subtil entre le support et la surface, pour rendre hommage aux artistes qui pendant la Grande Guerre, inventèrent le camouflage. Réutilisant des vêtements anciens comme toile, l’artiste surcharge, alourdit de peinture ces fragiles supports, qui deviennent des carapaces, des armures pouvant nous cacher, nous protéger… peut-être.


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Tourcoing

- MUba, 2 rue Paul Doumer 59200 Tourcoing 03 20 28 91 60, www.muba-tourcoing.fr, ouvert tlj de 13 à 18h, sauf mardi et jours fériés. 5 ou 3€, gratuit pour les moins de 18 ans et pour tous chaque 1er dimanche du mois. (Mais mise en place imminente dans l’établissement de la nouvelle carte de 30€, "La C’Art", donnant accès illimité annuel, et sans restriction).

+ Les collections. Des estampes de Goya, Canaletto, Rembrandt, des toiles de Sueur, Fautrier, Millet...

+ Du 28 avril au 18 septembre 2016. Eugène Leroy en miroir / Histoires d’onde, histoires d’eau.

En janvier 1927, un jeune homme de 17 ans gratte et dessine à la mine de plomb son autoportrait "dans une vitre", ce dessin dans lequel il y a selon son professeur "une promesse" devient pour cet artiste, Eugène Leroy, la figure initiale, primordiale et fondatrice de l’ensemble de son œuvre.

Au travers de la vitre, dans le reflet d’un miroir, dans le scintillement de la rosée ou de la pluie, la réverbération de la neige, l’irisation d’un marécage, ou l’éclat de la mer, Eugène Leroy n’aura eu de cesse d’essayer de "toucher" cette lumière toujours mouvante et à jamais capricieuse.

Eugène Leroy, Sans titre (marine), ca. 1960, technique mixte sur papier l MUba Eugène Leroy l Tourcoing, Donation Eugène Jean et Jean-Jacques Leroy, 2009 l Photo : Florien Kleinefenn

Cette exposition pose un regard resserré sur un "écho" thématique dans l’œuvre d’Eugène Leroy. En effet, le reflet, le contre-jour, le miroir sont des éléments constants dans sa recherche de "lumière".

Elle se veut aussi une déambulation, une promenade sensorielle qui part de la mer, miroir sans limite, en passant par le paysage humide, mouillé, imprégné comme le marécage ou le "delta" du fond du jardin, jusqu’à la fenêtre, la vitre ou le miroir qui paradoxalement par le contre-jour chargent et altèrent l’image de sa figuration.

Le miroitement mouvant, le reflet et l’altérité de la vitre sont aussi des composantes de la réflexion d’artistes plus anciens ou actuels. Ainsi l’expérience de la peinture d’Eugène Leroy est-elle augmentée d’œuvres d’Isabelle Arthuis, Anaïs Boudot, Marian Breedveld, Gabriele Chiari, Roel d’Haese, Lionel Estève, Felten-Massinger, Bertrand Gadenne, Angela Grauerholz, Hiroshige, Hevré Jamen, Erwan Maheo, Emilio Lopez-Menchero, Xavier Noiret-Thomé, Antoine Petitprez, Markus Raetz, Sébastien Reuzé, Marc Ronet, Yvan Salomone, Clémence van Lunen.

- Au Fresnoy, 22, rue du Fresnoy, 59200 Tourcoing, 03 20 28 38 00. www.lefresnoy.net/, qui était un complexe de salles de spectacle jusqu’à 1984 a été transformé de façon particulièrement contemporaine et réussie par l’architecte Bernard Tschumi. Mercredi, jeudi, dimanche de 14 à 19h, vendredi, samedi de 14 à 20h. Fermé lundi et mardi. 4 ou 3 €. Gratuit pour les moins de 18 ans et pour tous, chaque dimanche.

Devenu depuis 1997 "Studio national des arts contemporains", il est à la fois consacré à la création artistique audiovisuelle, une école et un lieu d’exposition, de production et de diffusion. C’est le 5e établissement de l’agglomération lilloise à bénéficier de la mise en place imminente de la nouvelle carte de 30€, "La C’Art", donnant à ses détenteurs un accès illimité annuel, et sans restriction).

+ Du 8 octobre au 31 décembre 2016. Panorama 18

Vernissage vendredi 7 octobre. Panorama, rendez-vous annuel de la création, présente les œuvres réalisées par les jeunes artistes et artistes professeurs invités du Fresnoy venus du monde entier.


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Croix

- La Villa Cavrois, 60 rue John-Fitzgerald-Kennedy, 59170 Croix. 03 20 73 47 12. villa-cavrois.monuments-nationaux.fr/ chef-d’œuvre de l’architecte Robert Mallet-Stevens, auteur de la maison du couturier Paul Poiret à Mézy puis de la Villa Noailles à Hyères, classée (1990) et restaurée (23M€), qui n’a pu être visitée jusque-là qu’à l’occasion des Journées du patrimoine en septembre 2014, vient d’intégrer le réseau mondial des Iconic Houses, qui rassemble les 200 édifices les plus importants en matière d’architecture dans le monde. 7,50 ou 6€. Le monument est gratuit le premier dimanche du mois de novembre à avril.

http://youtu.be/YXWwt3CRaFc

Ouverte au public depuis le 13 juin 2015. Tous les jours sauf le mardi, de 10h30 à 17h30 de novembre à mai, et de 10h30 à 18h30 de juin à octobre. Dernier accès 30 mn avant la fermeture. Fermé les 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre, 25 décembre. Ouverture des réservations en ligne le 13 juin !


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Gravelines

- Musée du dessin et de l’estampe originale. Château arsenal, 7, rue André-Vanderghote, 03 28 51 81 00, www.ville-gravelines.fr.


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Cassel

- Musée départemental de Flandre. 26 Grand Place B.P. 38 59670 Cassel. 03 59 73 45 59. museedeflandre.lenord.fr/ Du mardi au vendredi de 10 à 12h30 et de 14 à 18h, le samedi et le dimanche de 10 à 18h. 5 ou 3€.

+ Du 8 octobre 2016 au 22 janvier 2017. L’Odyssée des animaux

Au XVIIe siècle, l’art animalier s’affirme dans la peinture flamande comme un genre bien singulier. La primeur est donnée au réalisme au détriment du fantastique. Roelandt Savery, Frans Snijders, Jan Fijt ou encore Paul de Vos comptent parmi les plus grands peintres animaliers. Scènes de chasse et étals de marché traduisent opulence et raffinement, d’autres sujets ont une orientation plus existentielle.

Paul de Vos. Deux jeunes phoques sur un rivage. 1650 Huile sur toile. Besançon, Musée des Beaux arts et d’archéologie © Besançon, Musée des beaux-arts et d’archéologie- Photo Charles Choffet

Les paradis terrestres évoquent une période révolue où prédateurs et proies cohabitaient en une douce harmonie. L’homme devient alors quasi absent. La violence inhérente au caractère bestial de l’animal est mise en scène dans des compositions magistrales où le face à face exalte puissance et compassion. Combat incessant pour la survie, mais odyssée enchanteresse qui transcende la beauté animale.


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Valenciennes


- Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, boulevard Watteau, 59300 Valenciennes. 03 27 22 57 20. mba@ville-valenciennes.fr.

Le musée de Valenciennes appartient à cette génération de palais des Beaux-Arts édifiés sous la IIIe république : larges espaces, proportions monumentales qui mettent en valeur une prestigieuse collection : de l’archéologie gallo-romaine jusqu’au XXe siècle, la peinture flamande du XVIIe siècle et la grande sculpture du XIXe siècle. Après 3 ans de travaux, le musée a doublé sa surface (4 400 m2) et offre salle de conférence, librairie-boutique, salles pédagogiques.

+ Du 15 septembre 2016 au 15 janvier 2017. Merci pour les restes ! Archéologie des habitudes alimentaires à la fin du Moyen-Âge à Valenciennes (XIVe – XVIe siècles).


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016-2017 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016-2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nouvellement en ligne :
Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris
PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
- Angoulême 2016-2017 - Arles 2016-2017 - Avignon 2016-2017 : Saintes-Maries-de-la-Mer, L’Isle-sur-la-Sorgue - Bordeaux 2016-2017 : Biarritz, Bègles - Dijon 2016-2017 - Grenoble 2016-2017 - Ile-de-France 2016-2017 : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - Lens 2016-2017 - Lille 2016-2017 : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - Lyon 2016-2017 : Bourg-en-Bresse, Valence, Villeurbanne - Marseille 2016-2017 : Aix-en-Provence, Les Alpilles, Draguignan, Le Rayol, Le Cannet, Saint-Tropez, Aubagne, Toulon, Hyères, Martigues - Metz 2016-2017 - Montpellier 2016-2017 : Lodève, Sète, Nîmes, Sérignan, Narbonne - Nantes 2016-2017 : Angers, Les Sables d’Olonne, Saint-Nazaire - Nice 2016-2017 : Cannes, Cagnes, Mougins, Saint-Paul-de-Vence, Vence, Biot, Grasse, Monaco, Antibes, Vallauris - Ornans 2016-2017 - Rennes 2016-2017 : Landernau, Quimper - Rodez 2016-2017 - Rouen, Le Havre 2016-2017 - Saint-Étienne 2016-2017 - Strasbourg 2016-2017 - Toulouse 2016-2017 : Albi, Montauban, Carcassonne - Tours 2016-2017 : Blois, Vendôme

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam 2016-2017 : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc Berlin 2016-2017 Bâle 2016-2017 Bruxelles 2016-2017 Genève 2016-2017 Londres 2016-2017 Madrid 2016-2017 Milan, 2016-2017 et Venise 2016-2017.

À voir également :
- La carte des grandes expositions, musées et collections permanentes en France
- La carte des grandes expositions, musées et collections permanentes en Europe

André Balbo

sources : visites, musées, presse...

A voir également :
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- La carte des grandes expositions, musées et collections permanentes en Europe

André Balbo

sources : visites, musées, presse...


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vernissage le 3 juin de 19 h à 22 h Les cités imaginaires chez Helmut et Raoul du 3 au 18 juin 2016 7 rue Jean Sans Peur, Lille (...)

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  • vernissage le 3 juin de 19 h à 22 h

    Les cités imaginaires chez Helmut et Raoul du 3 au 18 juin 2016
    7 rue Jean Sans Peur, Lille

    Graphiste de métier et architecte de cœur,
    Vincent Lelièvre nous fait partager sa passion
    pour l’univers urbain sous toutes ses formes à
    travers l’exposition des « Cités imaginaires ».
    Découvrez les villes imaginées avec patience
    et précision par l’artiste et partez à la ren-
    contre de l’autre au milieu des immeubles et
    des bâtiments.

    Répondre

  • Dans son travail, Delphine Lermite capte l’action en cours, le geste créatif, le mouvement. Elle donne à voir le temps et l’espace lorsqu’ils s’imbriquent ensemble. Elle voit, observe la lumière ; elle cherche à incarner un regard. Ses reportages décentrent les personnages. Ils deviennent des forces magnétiques, des présences qui ne s’offrent pas de façon immédiate. Les séries qu’elle travaille témoignent de son attention aux détails, au temps qui se déroule et laisse les petits évènements se révéler. Delphine Lermite prend son temps. Documentaire poétique...
    Pour elle, ‘‘Le monde n’existe pas tant qu’on ne l’interprète pas’’.
    David Pauwels

    Répondre

  • Bonsoir
    J’aimerai vendre une toile de grand format
    pouvez vous me donner des conseils ou lieux pour cette exposition et vente ???
    d’avance je vous en remercie

    Cordialement

    Répondre

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