L’Europe vient de lancer un programme pour réduire les nuisances en ville du transport de marchandises. Durant un an, 4 villes européennes vont tester différentes expériences pour tenter de rendre moins incommodant le ballet de plus en plus dense des livraisons, amplifié notamment par le développement de l’e-commerce.
L’agglomération lyonnaise testera le dispositif le plus important de ce programme en s’attaquant à la fois à la circulation, à la conduite, et aux arrêts de ces camions.
Michèle Vullien, vice-présidente du Grand Lyon en charge des déplacements s’étonne de ce que « rien n’a été pensé sur ce que deviennent ces marchandises lorsqu’elles passent la porte des villes ».
Ce sera le cabinet d’études Interface Transport, qui pilotera le projet européen surnommé « Freilot », pour FReight Energy efficiency pILOT.
Pour le Grand Lyon, 75 000 véhicules de livraison, dont 15 000 poids lourds, circulent chaque jour en ville, ce qui représente 10% du trafic global, mais génère 40 à 60% des polluants.
« Ce trafic a également un fort impact en termes de bruit, de sécurité routière, de fluidité et d’occupation au sol. C’est sur tous ces points que nous allons essayer d’agir », explique Jean-Baptiste Thébaud en charge du projet chez Interface Transport.
Pour réduire la pollution, le projet Freilot a sollicité Renault Trucks qui a développé un système de bridage de vitesse par GPS. Grâce à lui, lorsqu’un camion entrera dans une zone 30, l’information parviendra au régulateur de vitesse intégré… Un système d’ »assistance à l’éco-conduite » a également été installé sur quelques camions tests.
Le top est que, grâce à un autre système embarqué, les camions tests pourront ne plus cracher autant de polluants dans l’atmosphère au redémarrage, puisque, très habilement, leurs boîtiers magiques feront passer les feux rouges au vert ! Elle sera pas belle, la vie ?
On peut facilement imaginer que le Grand Lyon utilisera son avance de réflexion sur les poids lourds dans l’autre expérimentation dans laquelle il se lance, celle des Zapa.
Et à Paris ? Et en Ile-de-France ? Attendrons-nous le retour d’expérience des 4 villes européennes retenues pour le projet Freilot ou commencerons-nous à instiller dans nos pratiques, au fur et à mesure, certaines de leurs bonnes idées ?
Et développerons-nous suffisamment vite le transport fluvial des marchandises ?
André Balbo
sources : Interface Transport, Grand Lyon, Libération

envoyer par mail
Imprimer la page