C’est une rétrospective rare, sur une couturière qui certes ne fut pas aussi glorifiée que Coco Chanel, mais qui l’aurait certainement mérité tout autant.
Car Madeleine Vionnet fut une pionnière, une créatrice à l’immense talent et une femme d’affaires exceptionnelle, mais en plus, et cela aussi pose des différences, elle fut une patronne sociale et une pionnière dans la lente progression de la condition sociale de la femme.
La période 1912-1939 est représentée par 130 modèles, dans une scénographie sobre mais insuffisamment éclairée (n’est-ce pas là le reproche redondant que l’on pourrait faire aux expos du musée de la Mode), qui rend évidente la modernité et la simplicité des robes.
Madeleine Vionnet fut, avec Paul Poiret, l’une des premières à supprimer le corset et à rendre par des robes d’une grande fluidité le corps de la femme « devinable ». Le tissu épousait enfin les courbes et la femme moderne naissait.
C’est elle aussi, encore dans le même tempo que Poiret, qui commença de protéger la création en couture du pillage, par une méthode de copyright avec signature et même une empreinte digitale apposée sur chaque modèle ce qui permettait de l’authentifier.
Devinant que la couture mériterait de voir se dessiner son histoire, elle fit don d’une documentation en photos et en robes d’une richesse considérable.
Sa société fut l’une des toutes premières à améliorer la condition de la femme dans les ateliers, et même à y intégrer des services médicaux.
À voir.
Musée des Arts décoratifs
André Balbo
Sources : Libération

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