On entend pourtant toujours que l’Ile-de-France serait le cœur de l’innovation en Europe ! Bien devant Stockholm, Berlin, Amsterdam, Londres, Barcelone et Milan ! Alors que se passe-t-il en fait ? Pour ces décideurs Londres ferait la course en tête.
Et bien séchons nos larmes et retroussons nos manches. Première étape de la reconquête, comprendre. Et c’est ainsi que l’association « Paris Ile-de-France capitale économique » a demandé aux consultants de Deloitte d’étudier les raisons d’une telle situation… forcément très injuste.
Et le verdict de l’étude est plutôt cruel à admettre pour l’Ile-de-France. En effet, si nous prenons par exemple, parmi les indicateurs-clés, les dépenses globales de Recherche & Développement, publiques et privées cumulées, rapportées au PIB, Londres se placerait au dernier rang, loin devant Paris qui occupe la 3e position, derrière Stockholm et Berlin.
L’avantage de Londres, qui fait la différence, tient à la nette avance britannique en matière de capital-investissement. Les auteurs de l’étude n’ont pu que constater que dans les pays anglo-saxons, « les investisseurs viennent souvent de l’industrie ou de la création d’entreprise. Ils comprennent les besoins des entrepreneurs. Dans le modèle continental, les banques restent les principaux acteurs du financement de l’économie ». Or « le capital-investissement est essentiel (…) pour (…) les start-up innovantes ».
Ajoutez qu’« un manque de lisibilité des avantages offerts aux entrepreneurs et une trop grande réticence au risque » en France en font le bon dernier pays en termes de taux de créations d’entreprise (nombre de créations rapporté au nombre de firmes existantes).
Au cours de cette étude, les décideurs ont aussi dénoncé la complexité du paysage institutionnel ainsi que son relatif retard en infrastructures Internet, transport et immobilier.
À l’inverse, les pôles de compétitivité et le « crédit impôt recherche » ressortent comme « les piliers de l’attractivité » de la Région parisienne.
« L’innovation est un facteur d’attractivité et il faut tout faire pour transformer la recherche en innovation et l’innovation en développement économique », plaide le président de « Paris Ile-de-France capitale économique », Pierre Simon.
L’association formule 20 propositions pour y parvenir, notamment en matière de financement, en insistant sur l’importance du « crédit impôt recherche ». « Le remettre en cause serait suicidaire », prévient Pierre Simon, tout en ajoutant qu’il doit être « mieux ciblé ».
Parallèlement, plusieurs de ces propositions visent à développer l’esprit d’entreprise, par exemple « en favorisant une logique de rentabilité et non de subvention », ou en organisant des rencontres informelles entre futurs entrepreneurs et investisseurs.
Pour Pierre Simon : « C’est moins un problème d’argent qu’un problème d’accès à l’argent au bon moment ». Il demande que les futurs entrepreneurs puissent avoir un interlocuteur unique pour l’innovation en Ile-de-France regroupant « les trop multiples intervenants », tels que les services de l’Etat, de la Région, de la Ville de Paris, des départements ou des pôles de compétitivité.
André Balbo
Sources : Deloitte, Paris Ile-de-France capitale économique, Les Échos

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