Ils étaient pourtant, depuis le 27 mai, près de 2 000 travailleurs sans-papiers jusqu’à vendredi 18 juin à occuper les abords de l’Opéra Bastille pour demander collectivement leur régularisation…Et ils sont partis, toujours déterminés, et sans aucun incident.
C’était l’occupation la plus symbolique. Elle succédait à celle de la bourse du travail dans le IIIe (de mai 2008 à juin 2009), et à celle de la rue Baudeloque dans le XVIIIe (depuis juillet 2009). Putain, 2 ans !
Une fois de plus, il se vérifie que seule la lutte paie. Les sans-papiers ont longtemps tenu dans le calme, soutenus épisodiquement par quelques people comme Higelin et Balasko notamment, par le collectif des cinéastes, résolument par un collectif de 11 associations et syndicats, dont la CGT, et par quelques rares politiques dont Mélenchon.
Quand leurs représentants sont sortis le 18 juin du ministère de l’Immigration, le gouvernement avait accepté de « déterminer les ajustements techniques nécessaires » à l’harmonisation des critères de régularisation par le travail des salariés sans papiers, et reconnu « des difficultés d’application de la circulaire » émise le 24 novembre 2009, sur la régularisation par le travail. Le salarié sans papiers devra dorénavant justifier de 12 mois d’activité salariée dans les 18 derniers mois. La régularisation est aussi conditionnée à 5 ans de présence sur le territoire.
Pour la CGT, qui a encore entre 20 et 25 piquets de grève sur ce thème en Ile-de-France, 6 000 dossiers doivent maintenant être déposés. Ce dispositif sera applicable jusqu’au 31 mars 2011, et un bilan établi « au plus tard au 1er juillet 2011 ».
André Balbo
Sources : Le Monde, Le Parisien

envoyer par mail
Imprimer la page