La France est pour les Chinois une des toutes premières destinations européennes, avant même l’Italie, la Grande-Bretagne, et la Suisse (ça viendra !). L’an dernier, ils furent 600 000 à visiter l’Ile-de-France, un sur deux venant de Chine continentale, l’autre de Hong Kong ou de Taiwan.
Chaque année, leur nombre est en augmentation de 10%. Les voyages organisés prédominent encore, car les visas pour se déplacer en solo sont assez difficiles à obtenir.
Parmi nos visiteurs chinois, les trentenaires sont nombreux et ils préfèrent économiser sur les deux nuits d’hôtel, qu’ils passent en banlieue, pour s’éclater en achetant des produits de luxe dans les magasins de la capitale. Leur liste d’achats est prête. Ils l’ont peaufinée dans les centres commerciaux de Pékin et de Shanghai.
Patricia Barthélemy est en charge des marchés Asie à l’Office du tourisme et des congrès de Paris. Selon elle : « Les Chinois consacrent 60% de leur budget voyage en France au shopping, le prix des produits de luxe étant 35% plus cher chez eux ».
Cette frénésie d’achats, pour soi-même ou pour les offrir en cadeaux, se conjugue aussi bien au masculin qu’au féminin. Pour Laurent Schenten, directeur de la clientèle internationale au Printemps Haussmann : « Les accessoires de luxe – maroquinerie, joaillerie, prêt-à-porter – répondent à leur vif besoin de reconnaissance ».
Au Printemps, 30 « attachés de clientèle » parlent le mandarin et le cantonais, et un espace de détaxe spécifique est consacré à la clientèle chinoise. Les sommes remboursées, ne soyez pas inquiets, seront réinvesties en vins, cognacs et chocolats.
Les Chinois pèsent déjà 30% du CA détaxé du Printemps, et arrivent pour la première fois en tête, dépassant les Russes.
La conquête de cette clientèle implique la prise en compte de sa symbolique des couleurs et des chiffres.
L’Hôtel Paris Marriott Rive gauche a tapé dans le mille en rénovant ses chambres dans les tons rouge et or. Le rouge porte bonheur, et le jaune amène la prospérité, comme le chiffre 8 (privilégié dans les numéros de chambres, contrairement au 4, à connotation trop morbide).
Le Moulin rouge réalise 10% de son chiffre avec les Chinois, sans chercher le moins du monde à s’y adapter particulièrement. Mais n’est-il pas rouge ?
André Balbo
Source : Les Échos

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