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12 février 2012

Mathieu Kassovitz : le cinéma français ? "partouze artistico-commerciale !"

 

Mais quelle mouche pique donc Mathieu Kassovitz qui, le 27 janvier, déclarait sur Twitter "j’encule le cinéma français" et enfonce le clou dans une récente interview sur TPS Star ?




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« Je ne me suis jamais reconnu dans le cinéma français. (…) Les gens travaillent dans des tout petits groupes, on retrouve les mêmes acteurs dans les mêmes films faits par des copains… Je trouve que cette partouze artistico-commerciale n’est pas bénéficiaire… n’est pas excitante. Et j’en suis extrêmement malheureux. », voilà ce que déclarait Mathieu Kassovitz dans La Quotidienne du Cinéma sur TPS Star le 7 février.


Mais quel est donc ce syndrome qui frappe régulièrement certains cinéastes français qui se vivent comme persécutés et mis à l’écart, alors même qu’ils font les films qu’ils veulent, dans des conditions de production confortables ?

En 1999, Patrice Leconte se considérait comme assassiné par une critique forcément malveillante et qui, pour le citer, s’était donné le mot « pour tuer le cinéma français commercial, populaire, grand public. »
Patrice Leconte n’a pourtant jamais eu de problème à réaliser puis sortir ses films, qui ont eu des succès plus ou moins grands, mais n’ont en tout cas jamais été empêchés.
Pas plus que, depuis dix ans, le cinéma populaire en France n’a été « assassiné », comme en témoignent les succès inégalés de Bienvenue chez les Ch’ti de Dany Boon ou, plus récemment, d’Intouchables d’Olivier Nakache et Eric Tolédano.

Alors, que Mathieu Kassovitz ait été très contrarié que son dernier film L’Ordre et la Morale n’ait eu qu’une seule nomination aux Césars, on peut éventuellement le comprendre (et encore ! combien de films magnifiques du cinéma français ont été ignorés par cette cérémonie académique et consensuelle ?).

Mais qu’il s’en prenne avec une telle violence « à ces tout petit groupes », à ces « films de copains », est un peu dérangeant : de qui parle-t-il ? Qui sont donc les participants à cette « partouze artistico-commerciale » ? Et en quoi sont-ils responsables du résultat mitigé, en termes d’entrées, de son dernier film, au budget confortable de 15 millions d’euros ?

On a l’impression d’entendre Claude Lelouch, attaquant ses collègues de la Nouvelle Vague parce que se sentant exclu de leur groupe, alors même qu’il n’a jamais cessé de tourner.

Ceux qui se plaignent des coteries méprisantes, du pouvoir de clans fantasmés, sont souvent ceux qui s’avèrent en définitive eux-mêmes les plus méprisants et les plus adoubés par le pouvoir économique du cinéma.

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derniere modification: samedi 12 février 2012, par Charles Martin, crédit photo : UGC

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