Une occasion de redécouvrir ce panorama de L’Histoire de l’art français conçu par Maurice Denis pour le Petit Palais.
Un panorama de l’art français
Les circulations du musée sont ornées de voûtes qui sont peintes au début du XXe siècle
par les artistes décorateurs les plus renommés de l’époque : Albert Besnard, Fernand
Cormon, Alfred Roll, Paul Baudouin.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Ville de Paris confie à Maurice Denis
(1870-1943) le décor de la coupole qui surplombe les gracieuses arabesques d’un des
escaliers dessinés par Charles Girault, l’architecte du Petit Palais. Denis conçoit pour ce
lieu une composition panoramique qui réunit les figures des grands hommes qui ont
marqué l’art français depuis le Moyen Age jusqu’au début du XXe siècle.
Les coulisses du décor
Dans son atelier de Saint-Germain en Laye, Maurice Denis peint une maquette de forme
hémisphérique qui représente de manière esquissée son projet de décor. Conservée au
Petit Palais, cette maquette vient d’être restaurée par Mélodie Bonnat, élève
restauratrice à l’Institut national du Patrimoine. Le décrassage a redonné toutes ses
nuances à cette esquisse. Denis y déploie une palette chromatique intense mise au
service d’une composition complexe.
Cette maquette en plâtre, d’un diamètre de 66 cm, est exposée pour la première fois au
Petit Palais à proximité du décor de la coupole correspondante (salle 40). En levant le
regard, les visiteurs peuvent s’amuser à retrouver dans la composition finale, parmi un
florilège de chefs d’oeuvres de l’art français, les nombreux personnages déjà présents sur
l’esquisse préparatoire : François 1er, Louis XIV, Poussin, Delacroix, Ingres, Courbet,
Manet ou encore Renoir.
Du siècle des cathédrales à l’Impressionnisme Maurice Denis s’était affirmé comme le théoricien du groupe des Nabis formé fin 1888 dans le sillage de Gauguin et de Puvis de Chavannes. Les Nabis ont développé l’idée d’une synthèse plastique au service d’une exigence spirituelle et réfuté le principe de la hiérarchie des arts. Un séjour à Rome en 1898, mène Denis sur la voie d’un nouvel ordre classique. Dès lors la peinture décorative va prendre le pas sur la peinture de chevalet pour exprimer un accord de la main et de la pensée, de la vie et de l’idéal. En 1919, la fondation des Ateliers d’Art sacré fait écho à cet élan de foi qui marque l’homme et l’oeuvre. Le peintre poursuit une réflexion théorique sur les origines de l’art et de la modernité. En reliant le siècle des cathédrales à celui de l’Impressionnisme, le décor de la coupole du Petit Palais en propose une démonstration imagée.
Les 18 et 19 septembre
Entrée libre
Photo : La maquette en cours de restauration à l’INP©adagp

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