Attention ! Ce ministre de la Culture, ce successeur de Malraux et de Lang, n’est pas que gentil. Il lui arrive aussi parfois d’être tête en l’air, d’autres fois maladroit, et même vindicatif voire colérique.
Quand notre ministre des Affaires étrangères, notre supposée professionnelle en chef de l’analyse de l’état du monde, des pays et des libertés, propose à la Tunisie en pleine effervescence le savoir-faire de la police française, notre ministre de la Culture se complait doucereusement à confier que « dire que la Tunisie est une dictature univoque, comme on le dit si souvent, me semble tout à fait exagéré ». Standing Ovation !
Notre ministre de la Culture vient de prendre la décision de faire annuler l’exposition prévue aux Archives nationales « Dans l’atelier des menus plaisirs du roi - Spectacles, fêtes et cérémonies aux XVIIe et XVIIIe siècles ».
Celle-ci devait ouvrir le 19 janvier, et durer jusqu’au 24 avril 2011. Le ministre avait déjà menacé les grévistes du site d’annuler toutes les manifestations si l’occupation était poursuivie. Vous comprenez que parce qu’ « elle accueille des œuvres exceptionnelles qui ne peuvent pas être sécurisées, en raison du conflit social… ». Ce que le personnel des Archives conteste bien sûr avec force. Elles sont bien entendu sécurisées !
L’occupation de l’hôtel de Soubise, dans le Marais, par une partie du personnel, a débuté le 6 septembre, dès que fut connu le projet présidentiel d’y installer le plus que controversé musée de l’Histoire de France, qui fait blêmir de rage une très grande majorité de nos historiens, dont les plus éminents.
Pour la CGT : « Mitterrand sabote une exposition qui a représenté plus de 2 ans de travail et coûté 250 000€. C’est un chantage insupportable ».
Cette décision, prise au lendemain de l’inauguration en présence de plus de 400 invités et le jour même où Nicolas Sarkozy présentait ses vœux au monde de la culture, a évidemment suscité la colère du personnel.
Pour le ministre, qui s’essaye ainsi aux méthodes emportées et péremptoires de notre président, les choses sont très claires : « Si l’occupation cesse, l’exposition ouvrira ».
Dorénavant, dans la culture, plus rien ne sera simple et le rapport de forces risque de devenir permanent.
André Balbo
sources : CGT, Le Parisien

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