Et pourtant, le soir de son élection, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy avait déclaré place de la Concorde à Paris : « Je veux que partout dans le monde, les opprimés, les femmes martyrisées, les enfants emprisonnés ou condamnés au travail, sachent qu’il y a un pays dans le monde qui sera généreux pour tous les persécutés, c’est la France ! »
Bernard Fragneau, préfet de la région Centre, vient de recevoir les associations qui exigent depuis une dizaine de jours le retour en France de Najlae Lhimer, qu’il avait pris la décision d’expulser en 24 heures chrono.
Rappelez-vous Najlae Lhimer. C’est cette jeune lycéenne venue a 14 ans du Maroc pour fuir un mariage forcé auquel son père la destinait. Hébergée chez son frère à Châteaurenard contre qui elle venait porter plainte pour violence à la gendarmerie de Montargis, dans le Loiret, le 19 février, après avoir été tabassée à coups de tuyau d’aspirateur et de fer à lisser. La veille Najlae avait déjà déposé une main courante. Un médecin lui a délivré une ITT de 8 jours.
Son expulsion s’est produite en plein débat parlementaire sur les violences faites aux femmes, élevées par François Fillon au rang de "Grande cause nationale 2010".
Et le préfet Bernard Fragneau de camper aujourd’hui sur ses positions et de parler d’un complot politico-médiatique piloté par RESF…
J’allais oublier : à son arrivée à Casablanca, Najlae Lhimer a passé ses premières 24 heures en prison.
On ne plaisante pas à la préfecture du Loiret avec les lois sur l’immigration : voilà un peu plus de 2 ans, les mêmes services avaient envoyé en centre de rétention un nourrisson de trois semaines avec sa mère moldave !
André Balbo
Sources : Libération, Le Canard Enchaîné

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