Depuis Mes hommages, dédié à d’illustres chanteurs francophones, la vie de Nilda Fernandez a été un maelström d’aventures et de création. Il a vécu et chanté plusieurs années en Russie, a monté un spectacle avec des artistes de cirque à Cuba, mis en scène Carmen avec des artistes de flamenco, bâti un spectacle avec des amateurs sur la mémoire de la ville d’Ivry, chanté ici ou là. Comment qualifier cette trajectoire ? Hasardeuse, propose-t-il. Je crois en l’organisation du hasard. Ma vie est difficile à lire parce que, de l’extérieur, on ne sait pas forcément à quoi elle obéit.
Riche d’un nouveau compagnonnage avec le producteur et directeur artistique Laurent Manganas, Nilda est reparti à Paris afin d’y enregistrer sa voix dans le légendaire studio créé par Bernard Estardy. J’ai chanté dans le même micro que Joe Dassin, Cloclo, Nino Ferrer et Gérard Manset, souligne-t-il.
Enregistré à Gênes, ce nouvel album sobrement intitulé Nilda Fernandez a permis à l’interprète d’accomplir son devoir, celui de renaître, de s’engendrer soi-même. Toujours soucieux de surprendre, il y a mêlé l’orchestre de cordes et la guitare flamenca, le rock et les sonorités de l’Est, des réminiscences de gospel et l’accordéon parigot.
Faire un album n’est pas du tout naturel, déclare-t-il. Cette manière de figer la musique est tellement récente dans la musique – cinquante ou soixante ans, ce qui est peu dans la lignée des gens qui chantent. Pour moi, il s’agit de rassembler les choses, de ne pas les laisser éparpillées. Et alors je vois ce que je suis devenu. Il est ainsi devenu cette musique si appréciée par son public, qui moissonne romantisme et confessions, mélancolie et jubilation.
Sortie le 8 janvier 2010.
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