Noli me tangere (ne me touche pas) sont les paroles prononcées par Jésus ressuscité le dimanche de Pâques à l’adresse de Marie-Madeleine (Marie de Magdala). On trouve cette formule latine sous la plume de Saint Jérôme dans la Vulgate, évangile selon Saint Jean. Noli me tangere est une comédie, un conte qui explore et réinvente la « grande histoire », et met en scène un bras de fer entre le pouvoir inflexible d’un empire et la parole d’un homme seul, anarchiste, agitateur public nu comme un ver avec pour seules armes sa sincérité et sa capacité à soulever les foules.

La scène est en Judée, en 27 de notre ère, dans la citadelle de Machaerous. Du haut de ses remparts s’ouvre une perspective imprenable sur la Mer Morte. En se penchant, Hérode le Tétrarque peut en voir miroiter les eaux, et scintiller peut-être les piques et les éperons des troupes que les nomades ont levées contre lui. Décidément, depuis qu’il a dévasté les dernières forêts du pays pour bâtir sa place forte, la vue est on ne peut plus dégagée. Le Tétrarque sait-il déjà qu’il va recevoir de la visite – celle d’une fille un peu trop belle, celle d’un homme un peu trop puissant ? Pris entre le désir que l’une suscite et la crainte que l’autre provoque, ce pauvre Hérode risque de perdre la tête - enfin, si l’on ose dire. Jean-François Sivadier
Texte et mise en scène Jean-François Sivadier / avec Nicolas Bouchaud, Stephen Butel, Marie Cariès, Charlotte Clamens, Vincent Guédon, Eric Guérin, Christophe Ratandra, Nadia Vonderheyden, Rachid Zanouda
© Brigitte Enguerand

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