Le JDD du 5 juin a publié les résultats d’un sondage Ifop sur les Français et le nucléaire, et celui-ci montre que nous serions aujourd’hui, après Fukushima, une large majorité à être favorables à une sortie du nucléaire.
Et les chiffres sont éloquents. 62% des personnes interrogées souhaiteraient que la France « arrête progressivement, sur 25 ou 30 ans, son programme nucléaire », tandis que 15% seraient partisans qu’elle « arrête rapidement », soit au total, 77% à désirer, qu’à court ou moyen terme, la France « cesse de faire fonctionner ses centrales ».
Rappelons qu’en avril, ils étaient déjà 51% à vouloir un arrêt progressif, et 19% un arrêt immédiat.
Pour les dirigeants du parti présidentiel, les résultats de ce sondage posent d’autant plus problème que 55% des sympathisants de l’UMP se disent favorables à une sortie progressive de l’atome.
La ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, ne pense pas qu’une sortie même progressive de l’atome soit envisageable. Elle a exprimé sur France 2 que pour elle « le nucléaire fait partie du bouquet énergétique », mais qu’en revanche on pouvait « faire beaucoup plus fort sur la sobriété énergétique : la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas. »
Sur i-Télé Ségolène Royal (PS) s’est prononcée pour « une programmation de sortie du nucléaire ». « Quand on nous dit qu’on ne peut pas sortir du nucléaire, c’est tout à fait inexact puisque si on met 60 000 éoliennes sur le territoire national, on a l’équivalent de la production des centrales nucléaires. Ce n’est pas un problème technique, c’est politique. »
François Hollande s’est également exprimé sur le sujet : « Ma position, en tant que candidat à l’élection présidentielle, est claire : la France doit faire le même effort que l’Allemagne en 15 ans, soit réduire de 75 à 50% notre dépendance au nucléaire d’ici à 2025. »
Les résultats de ce sondage Ifop sur les Français et le nucléaire vont très certainement peser dans les négociations entre socialistes et écologistes, d’autant plus confortés dans leurs choix, Cécile Duflot s’exprimant immédiatement sur le sujet : « On avait la certitude depuis longtemps que les citoyens avaient évolué beaucoup plus vite que les dirigeants politiques ».
Une « loi de sortie du nucléaire » devient « une exigence absolue » dans l’accord de gouvernement que les écolos espèrent trouver avec le PS.
Cette tendance de l’opinion française sera-t-elle durable ? N’est-elle pas d’ores et déjà confortée par le choix de l’Allemagne de fermer toutes ses centrales dès 2022 ?
André Balbo
sources : Ifop, JDD, I-télé, France 2, Le Monde

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