L’or fut successivement dans l’histoire tant de choses. Objet d’ornementation, monnaie permettant l’échange sur des distances de plus en plus grandes, valeur prise à l’ennemi pour l’empêcher de se relever trop vite...
Pour Anne Bony, historienne de l’art : « La théâtralité baroque en fait grand usage en Italie au XVIe siècle, puis répand ses feux en France. Le bois doré pare les ensembles décoratifs et le mobilier, de Venise à Paris dans les Cours au XVIIIe siècle. L’emploi de l’or est alors choisi à des fins de séduction. Il est aussi le signe ostentatoire de la prospérité et du pouvoir. Le travail de l’or, jaune ou blanc, métal rare, nécessite un savoir-faire exceptionnel. »
Agnès Standish-Kentish a invité les designers de sa galerie à créer des meubles et des objets, en les réhaussant des qualités des ors.
Les designers ont vite été conquis par l’idée et ses ressorts, et ils ont recherché les associations possibles du précieux métal notamment avec le bois, l’acier ou le fer forgé, « une expérience de luxe et de volupté qu’assument discrètement les uns et dont se saisissent avec gourmandise les autres. »
L’expérience aura transporté Jean-Philippe Gleizes, Élizabeth Garouste, Garouste et Bonetti, Olivier Gagnère ou Éric Jourdan.
Ces créations ont été éditées en séries limitées ou en pièce unique (de 6 000 à 15 000€ environ).
Voyez le bureau en acajou de Garouste et Bonelli : forcément un bijou.
Resterons-nous encore longtemps à l’ère du virtuel et de l’immatériel ? Et ces œuvres signées et fonctionnelles, recouvertes en partie de ce jus si précieux n’ébranlent-elles pas un peu certaines de nos habitudes ? Devrions-nous nous interdire l’or ?
« Or(s) », galerie En attendant les Barbares, www.barbares.com, jusqu’au 15 décembre 2011.
André Balbo
sources : En attendant les Barbares, connaissance des arts

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