Afin de construire les 70 000 logements annuels prévus dans le projet du Grand Paris, on en construit actuellement 40 000, trois pistes privilégiées seraient étudiées, selon le Figaro :
des constructions en zones inondables,
la densification des zones pavillonnaires,
la surélévation des immeubles.
Retenons que si la population dans la région croît de 50 000 habitants par an, l’Ile-de-France a le 3e taux d’occupation du sol le plus faible de France : 3,4 pour mille habitants, contre 9,6 par exemple dans le Languedoc-Roussillon.
Concernant les zones inondables, Benoist Apparu, le secrétaire d’État au Logement, considère que, sur les berges de Seine, la crue est faible et le risque d’inondation quasi nul. « Il est tout à fait raisonnable d’envisager une intensification de la construction dans ces zones où les crues sont lentes, en intégrant le risque dès la conception ».
Saviez-vous, par exemple, que la superficie des voies sur berge à Paris était équivalente à celle du IXe arrondissement ?
Une réflexion serait également menée pour que soient érigés quelque 5 000 logements sur les bordures d’autoroutes…
La densification des zones pavillonnaires recèlerait près de 20 000 constructions dans le projet du Grand Paris. La réflexion part ici de l’observation que près d’un million de terrains de plus de 1000m2 sont occupés par une unique maison. Diviser cette superficie en plusieurs lots permettrait d’augmenter le COS (coefficient d’occupation des sols) dans certaines villes. Un tel projet devrait évidemment passer devant le maire de la commune, souvent réfractaire à bâtir de nouveaux logements, mais les édiles souhaitent en général sur de tels sujets l’arbitrage de l’État... tant ils trouvent les procédures chronophages, et parce qu’ils savent les électeurs souvent hostiles aux maires bâtisseurs…
Enfin le principe de la surélévation des immeubles toucherait aux « dents creuses » de la capitale, ces zones situées entre deux immeubles, et qui permettraient la surélévation de bâtiments. En évitant toutefois de modifier le paysage ! L’architecte Michel Cantal-Dupart, chargé de cette prospective, indique à ce sujet : « Nous avons dégagé une capacité foncière de plus de 466 000m2 en montant, partout où c’était possible, à la hauteur maximale prévue par le plan local d’urbanisme ». Mais si ces surélévations devaient voir le jour, comment serait obtenue l’unanimité nécessaire des copropriétés ? Fin renard, Michel Cantal-Dupart attire l’attention sur le fait que « surélever d’un étage ou deux est dans l’intérêt des propriétaires : ils pourront utiliser l’argent de la vente pour l’installation d’un ascenseur ou l’isolation thermique ».
André Balbo
sources : La Vie Immo, Le Figaro, secrétariat d’État au logement

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