Deux expositions simultanées de photographes au Jeu de Paume, celles de Ai Weiwei et de Berenice Abbott, du 21 février au 29 avril 2012, que tout semble a priori séparer, mais qui eurent pourtant plusieurs points communs, dont pour commencer un fort intérêt pour Marcel Duchamp.
Jean Cocteau avec un revolver 1926 © Berenice Abbott / Commerce Graphics Ltd, Inc.
Le Jeu de Paume montre pour la première fois en France, du 21 février au 29 avril 2012, les différentes étapes de la carrière difficile et heurtée qu’eut Berenice Abbott (1898-1991), en s’appuyant sur quelque 140 images, des ouvrages originaux et des documents inédits.
Berenice Abbott vient à Paris au début des années 1920. Pas simple. Débuts dans la sculpture chez Bourdelle, puis chez Brancusi. Elle sera finalement formée aux techniques du tirage et du studio par Man Ray, qu’elle connaissait de son époque à Greenwich Village où elle avait aussi rencontré Duchamp.
En concurrence avec Man Ray, elle ouvrira son propre studio, et entamera avec succès une carrière de portraitiste. Ce sera notamment auprès d’artistes, d’écrivains et de dramaturges français ou d’Américains en exil, ce qui nous confirme les liens étroits qu’elle entretenait avec les milieux des avant-gardes artistiques et intellectuelles (Eugène Atget, Marcel Duchamp, James Joyce, Man Ray, Cocteau, Sylvia Beach, André Gide, Foujita, Max Ernst, Marie Laurencin, Solita Solano, et la Princesse Murat...). Comme Man Ray lui-même d’ailleurs. Splendides mains de Cocteau !
Le Jeu de Paume présente aussi généreusement son projet le plus connu, Changing New York (1935-1939), qu’elle avait réalisé à l’initiative de l’administration américaine dans le contexte de la crise économique et qui montrait les rapides changements que connut la métropole, en saisissant la structure urbaine et les contrastes entre l’ancien et le moderne. Voilà un autre point commun avec le Chinois Ai Weiwei, et ses photographies sur Pékin en violente mutation…

Park Avenue et 39e Rue, New York, 8 octobre 1936 Museum of the City of New York. Gift of the Metropolitan Museum of Art © Berenice Abbott / Commerce Graphics Ltd, Inc.
Au cours des années 1950, Berenice Abbott réalisera pour le MIT un corpus d’illustrations sur les principes de la mécanique et de la lumière, à mi-chemin d’une ambition pédagogique et d’une recherche esthétique. Les connaisseurs pourront trouver dans ces images abstraites et expérimentales une forme d’écho aux photogrammes réalisés au cours des années 1920, par exemple par Man Ray…
Dès les années 1920, Berenice Abbott fréquentait l’avant-garde artistique. Elle a milité contre le pictorialisme et l’école d’Alfred Stieglitz, et s’est rendue célèbre également pour avoir œuvré avec constance à la reconnaissance internationale d’Eugène Atget. Elle s’est préoccupée tout au long de sa carrière des principes de la photographie documentaire comme de ceux du réalisme photographique. Richesse de sa démarche. Cette rétrospective de ses travaux met en lumière l’unité et la diversité de sa production photographique.
Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.
David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia
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André Balbo
sources : visite, Jeu de Paume, Wikipedia

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