En battant l’AJA de Laurent Fournier, le Paris Saint-Germain conserve sa deuxième position au classement (à trois points derrière Montpellier) et enraye sa spirale de trois défaites consécutives, à défaut de se rassurer totalement. Il y a ceux qui verront dans cette victoire étriquée face à un mal classé du championnat le verre à moitié plein, et ceux qui verront le verre à moitié vide.
La bonne nouvelle de la soirée pour les supporters parisiens est le retour en forme de son quatuor offensif. Avec un but et une passe décisive chacun, Nene et Jérémy Ménez ont été les grands artisans d’un succès acquis dans la douleur. Après une première mi-temps terne, où Paris occupait la moitié de terrain bourguignonne sans véritablement mettre Sorin en danger, les rouges-et-bleus repartaient en seconde période avec de meilleures ambitions. Deux actions consécutives voyaient Pastore (46e) puis Nene (47e) rater l’immanquable devant le but du gardien de l’AJA. Mais cinq minutes plus tard, Christophe Jallet délivrait le parc d’une frappe sèche dans la surface, à la conclusion d’une action à une touche de balle entre Pastore, Menez, Nene, Gameiro et Menez à nouveau pour le latéral francilien (52e). Un joli but construit, rapide et simple.
Passeur décisif, Ménez deviendra buteur à un quart d’heure du temps réglementaire à la reprise d’un centre parfait de Nene venu de la gauche (76e). Ce sera le 2000e but du club en Ligue 1. Le Brésilien obtiendra même un pénalty en fin de match, qu’il transformera lui-même, prenant Sorin à contre-pieds (80e) et inscrivant ainsi le troisième but de son équipe.
Le fait du match : la culotte de Nene ?
Mais la mauvaise nouvelle du soir, c’est que la défense centrale Sakho-Camara n’y était vraiment pas. Face à une équipe auxerroise timide et limitée techniquement devant, le PSG s’est mis en difficulté tout seul, encaissant deux buts et finissant la partie en tremblant de tous ses membres. Dennis Oliech n’est peut-être pas un foudre de guerre, mais quand il va au charbon, il ne fait pas les choses à moitié. Ce dimanche soir, il a rendu la vie impossible à Zoumana Camara, peu aidé par un Mamadou Sakho en deçà de son niveau habituel. Sur l’une de ses rares occasions, Auxerre a donc égalisé à peine sept minutes après le but de Jallet. A l’entrée de la surface de réparation parisienne, Oliech prend la défense de vitesse et frappe en puissance ; Salvatore Sirigu repousse, mais, bien qu’entouré, Oliech n’est pas attaqué et il a le temps de reprendre le ballon et de le mettre au fond (59e).
Entre ses deux premiers buts, le PSG repart dans ses travers, oubliant de jouer simple et collectif et faisant preuve d’une fébrilité incompréhensible en défense. Même en menant 3-1 à dix minutes de la fin du temps réglementaire, Paris trouve le moyen de se faire très peur. Après une frappe au-dessus des buts de Sirigu, Oliech affole une nouvelle fois la défense et provoque une faute de Siaka Tiéné à 20 mètres, plein axe. Dariusz Dudka qui vient d’entrer en jeu tente sa chance et conclut d’une superbe frappe en lucarne (3-2, 86e).
Le score en restera là, mais que ce fut difficile pour les Parisiens ! Dominant quasiment toute la rencontre de façon stérile, ils ont réussi à marquer sur leurs seules actions propres et construites, à des moments du match où l’on commençait à désespérer de voir quelque chose d’intéressant ce soir, mis à part le strip tease de Nene qui affichait en première période une culotte aux couleurs de son pays natal... En manque flagrant de confiance, les joueurs de la capitale ont eu le mérite de se battre, bien plus que lors de leurs trois derniers matchs réunis, et de tenter par instants d’oublier les gris-gris inutiles et de jouer enfin au football. Antoine Kombouaré peut remercier ses joueurs et le public qui scandait son nom, car s’il venait à être congédié dans la semaine, il partirait au moins sur une bonne note.

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