L’Observatoire des familles parisiennes a demandé une étude sur le sujet à l’Insee Ile-de-France et à l’Atelier parisien d’urbanisme. Quelques idées reçues se délitent.
Paris ne serait une ville ni de vieux ni de couples fortunés. Les familles gagnent du terrain, mises à part celles à enfant unique. De 1999 à 2006, le nombre global des familles a progressé de 4,1%, il y a eu 6 100 familles supplémentaires avec 2 enfants, 3 200 avec 3 enfants.
La tendance de la natalité serait nettement à la hausse, puisque les naissances annuelles qui plafonnaient dans les années 1990 en moyenne autour de 30 000, sont passées à 32 000 entre 1999 et 2006.
Parmi les explications, que l’on peut trouver à ce phénomène, il y aurait la relative jeunesse de la population : 28% des Parisiens ont entre 20 et 34 ans (alors qu’ils ne sont que 13% dans l’ensemble de la France), bien que les Parisiennes ne fassent leur premier enfant qu’à 32 ans.
Une autre raison serait attachée aux revenus des familles parisiennes, en moyenne plus élevés que ceux des familles françaises : 55 100€ contre 32 300 en 2004, donnée qu’il conviendrait de pondérer fortement du fait de la différence des coûts de la vie...
L’immigration joue également son rôle. Pour l’Observatoire, « les familles dont la personne de référence est de nationalité étrangère représentent à Paris 22% ». Selon l’état civil, 12 800 enfants nés à Paris en 2004 (soit 40% des naissances domiciliées) ont au moins un parent de nationalité étrangère.
L’adjointe (PS) au maire de Paris chargée de la Famille, Olga Trostiansky, souligne ce qu’elle considère comme la mesure-phare « ardemment attendue » : l’ouverture de crèches. 5 800 places supplémentaires ouvertes de 2001 à 2008 (+ 20% de capacité), 4 500 places supplémentaires de 2008 à 2014.
Cela permet aux mères d’être très actives (82,4%). 3/4 des couples avec enfants de moins de 25 ans sont biactifs à Paris, pouvant ainsi assurer les besoins d’une famille.
Tout n’est pas si rose, loin s’en faut. Des obstacles majeurs demeurent. Concernant le logement, les appartements de 3 pièces ou plus ne représentent que 42,1%, alors qu’ils sont 66% ne serait-ce qu’en Ile-de-France. Bel effort sur ce terrain de la Ville de Paris qui réalise 29% de logements de 4 pièces et plus dans ses programmes sociaux neufs.
La pauvreté est un autre obstacle notoire au développement des familles à Paris. En 2006, 16% des familles parisiennes étaient concentrées dans les XVIIIe, XIXe, et XXe vivaient sous le seuil de bas revenus, et près d’un tiers des familles monoparentales connaissent des problèmes financiers.
L’hémorragie des familles quittant la capitale n’est pas encore jugulée. Ce déficit migratoire annuel concerne quelque 12 000 familles, ce qui limite le dynamisme observé de la démographie parisienne.
Paris ne cèderait donc pas, ou plutôt pas tant, à la « gentryfication » et à la « muséification ». Encore faut-il amplifier d’une part les efforts entrepris et faire preuve sur le sujet d’encore plus d’imagination et de volonté politique, car ces dangers sont malgré tout bien réels, si l’on veut que poussettes, enfants, crèches et écoles continuent d’égayer les rues de la capitale.
André Balbo
Sources : Observatoire des familles parisiennes, Insee, Apu, JDD

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